1503, Bretagne
-Quoi ? Tu oses ?
-Chuut, moins fort ! Pense à la petite enfin !
Ludivine entrevrit les yeux. Que faisait Papa et Maman si tard à parler si fort ? Elle se leva, ses pieds froids glissant sur le carrelage de la chambre. Elle regretta immédiatement la chaleur douilllette de la couette. Mais elle prit courage et partit dans le couloir noir. Du haut de ses 5 ans, elle eut peur d'éventuels fantômes. Les ombres de la lune sur les murs lui faisaient penser à un de ces anciens cauchemars. Ludivine eut soudain hâte d'arriver à la pièce éclairée. Elle s'arréta -enfin- devant la porte entrebaillée de la cuisine et écouta attentivement sa mère s'indigner auprès de son père :
-Comment cela « Tu pars ? » Tu nous abandonnes ? Moi et Ludi ?
-Je ne vous abandonne pas. Je pars pour mon ...travail ...
-Travail ? Travail ?! Mon cul, tu repars sur Grand Line pour jouer à l'empereur pirate et te bourrer la gueule de rhum bon marché !
-Tia-ty, enfin !
-Je ne veux plus entendre parler de toi ! Ne reviens jamais !
Ludivine entrouvit encore un peu plus la porte pour voir son père froncer les sourcils :
-Si tu veux pas me voir, c'est un fait ! Mais tu ne m'empécheras pas de voir ma fille !
On entendit la femme suffoquer et reprendre, hargneuse :
-Ta fille ? Ludivine ?Pfuu...Tu crois qu'une gamine comme ça tient de toi ?Elle est trop bien pour être la fille d'un ivrogne comme toi ! Tiens, je voulais garder ça secret, mais puique tu pars lâchement , j'en profite ! Ludivine n'est pas ta fille ! Je l'ai eu avec un amant, ou plutôt avec l'homme que j'aime, qui l'a reconnait comme sa descendante dans la partie du monde qu'il habite!
Mick Fowl grommela quelque chose, puis on entendit un grand bruit. Ludivine se précipita dans la cuisine : il venait de frapper sa mère.
-Arrête !!
Mick la regarda avec dégout et tristesse. Puis la tristesse disparut, et une rage la remplaca.
-Dire que je t'ai aimé comme ma fille. Alors que tu es la projeniture d'un... batard !
-Pa...
Elle ne put éviter une gifle :
-Ne m'apelle plus comme ça ! Je t'aimais, Ludivine, je ne veux plus entendre parler de vous ! Petite salope de...Raaah !
Il attrapa un sac, et sortit par la porte en la claquant fort. Un courant d'air glacé passa dans la maison.
-Quel enculé ! Batard ! Batard ! Mick, je te hais !!!hurlait seule la mère de Ludivine, pleurant et frottant sa joue endolorie.
Tia-Ty sentit son sang bouilloner dans son corps. Elle sortit de la maison en courant, passant sa main avec tendresse dans les cheveux de sa fille. Ludivine regardait la scène sans comprendre. Elle se jeta à la poursuite de sa mère, courant aussi vite que ses petites jambes lui permettaient. Quand elle arriva sur la plage, à une demi heure de course de sa petite maison au fond de la fôret, elle vit un navire s'éloigner, et un corps sans âme près de l'eau.
-Maman !
Elle se jeta sur elle, retournant le frêle corps de la femme blonde aux yeux bleus translucides.
-Maman ! Réponds ! Réponds ! M'man !!!!
-Ludivine...
-Oui, je suis là !
-Ramène moi chez nous ! On va lui montrer ! On a pas besoin de lui. Il faudrait que j'arrive à recontacter ton vrai père. Ca devrait pas être très dur, il est si connu. Je vais te dire son nom...
Ludivine se pencha, pour écouter. Elle vit avec effroi une plaie béante au niveau du cou gracieux de sa mère. Mick Fowl s'était déchaîné !
-Maman, ça va ?demanda t-elle d'une voix étranglée, en ramassant dans sa main le liquide vermeil.
- « ... »! Retrouve le, ma chérie...
-Maman, j'ai pas entendu ! Et tu s'ras avec moi, hein ?hein ?
-Je t'aime...
Ce fut les derniers mots de Tia-ty. Oh, non, elle ne mourra pas tout de suite. Ludivine la traina chez le médecin, chez qui elle plongea dans un coma profond, duquel elle succomba, trois ans après.
Ludivine s'y était préparé. Elle s'était juré de ne verser aucune larmes. Pourtant, lors de la mise en terre du corps de sa mère, elle explosa de sanglots, ses larmes transparentes roulant sur ses joues. Et plus personne pour les essuyer.
*
*
1510, Bretagne
-Bonjour, Ludivine.
-Comment vas tu ma petite ?
-Je ne t'ai pas vu aux cours d'armes depuis longtemps, Lud' !
-Hey, Ludi ! J'te vois tout à l'heure ?
La jeune fille sourit gentiment en répondant poliment à chaque question.
Depuis cinq ans, donc depuis ses huit ans, depuis qu'elle était devenu orpheline, les gens du village voisin l'avait soutenu et prit sous leur ailes. Elle vivait un petit appartement dans le centre, et on avait déplanté la tombe de Tia-ty de la fôret pour le le cimetière de l'église, de sorte que Ludivine puisse y aller tout les jours.
Elle était consciente des efforts qu'ils faisaient pour elle, et les en remerciait en les aidant dans les champs, allant à leur réunion, aux différentes activités.
Elle s'était surtout fait un ami, chez qui elle se rendait, d'ailleurs. Elle frappa à la porte d'une grande maison bourgeoise, et attendit qu'un domestique coincé l'emmene dans une chambre immense, à baldaquin et cheminée personelle. Elle sentit la bonne odeur du bois brûlant, et attendit, s'asseyant sur un gros pouf moelleux. Un jeune homme anxieux arriva, ferma la chambre et se précipita, dans des gestes sacadés, lui faire la bise.
-Bonjour, Oli ! Je suis contente de te voir !
-M...Moi aus...aussi, Lud...Ludi...ludivine !
Ludivine rigola intérieurement. Qu'il était stressé, ce Oli ! Alors qu'il était si joli ! Un petit minois de gentil garçon blond. Elle l'aimait beaucoup, et lui faisait passé de longue et ennuyeuse heures. Elle n'avait jamais aimé l'école, sauf les maths. Alors qu'elle ne savait que peu lire et écrire, elle calculait et résolvait des problèmes dignes d'un commerçant.
Oli avait toujours été bégaillant, agité, et des gouttes de sueur s'écasaient toujours sur ses chemises blanches.
Elle commenca à raconter sa journée, Oli raconta la sienne, et ils rigolèrent des heures durant. Du haut de ses 12 ans, Ludivine se demandait :
« Si Oli devenait mon amoureux, ce serait super !J'aimerais vraiment qu'on soit ensemble plus tard ! »Et d'autres idioties du même genre...
Elle prit congé quand la nuit tomba et alla se promener sur le bord de mer, un long moment. Elle se rapella de la nuit où Mick Fowl, empereur pirate de Grand Line était parti, laissant à demi morte sa mère. L'air marin lui gonfla les cheveux et la fit tanguer.
Depuis quand s'était-elle promis de le retrouver et de venger Tia-ty ?
Depuis quand avait-elle envie de rencontrer son véritable père ?
Depuis quand voulait-elle voguer sur cet immense océan ?
L'étendue qu'elle pouvait voir de cet plage était-elle partout la même ?
Sûrement pas. Elle avait hâte de découvrir le monde.
Elle écouta le bruit de la mer, et vit un bateau au loin. Elle attendit qu'il arrive plus près pour plisser les yeux et distinguer « Compagnie des Indes ».
-N'est ce pas la marine des Caraibes ?se demanda t-elle. Que viennent-ils faire dans un coin paumé de Bretagne ?
A sa grande surprise, ils s'arrétèrent, et descendirent dans des petits canaux, pour venir sur la plage. Ludivine s'approcha sans se faire remarquer, une curieuse sensation au creux du ventre. Ouah ! C'est si rare, de l'animation comme ça ! Elle entendit :
-Matelot Norrington, demandez à cette fillette où nous pouvons trouver un abri pour la nuit.
-Tout de suite, comodore Infarter !
Un jeune soldat s'approcha de Ludivine qui ne se demonta pas, et resta, dans le soleil couchant, observant l'homme qui prit la parole, d'une voix posée, pleine de détermination et d'ambition :
-Mademoiselle, pourriez vous me dire où se trouve l'auberge assez grande de votre village pouvant abriter tout nos officiers et quelques matelots, à savoir 20 personnes.
Ouah. Il était si beau. Et si fier. Une vraie aura de gagnant. Ludivine se sentit tout de suite attirée par le personage.
-Euh... Je peux vous y emmener ?demanda Ludivine, d'une petite voix. C'est à l'auberge « Akabane For Ever ». Vous aurez des chambres plus facilement si je suis avec vous. Je connais le patron.
-Merci ... Commodore, suivons la petite.
-Bien.
Ludivine guida les marins au village, jettant des regard en biais au matelot de ses rêves.
Quand elle arriva au « Akabane for Ever », elle entra, et voulut aller dans la salle de réunion, où les anciens du village se réunissait à cette heure là, elle trouvera le patron à coup sur.
Elle s'arréta, la main sur la poignée, écoutant la conversation, surprise.
La conversation que les anciens avaient étaient vraiment étranges.
Elle écouta un peu.
Une sueur froide parcourut son dos, et ce n'était pas à cause du matelot Norrington et du Commodore qui s'était raproché pour écouter.
-...Partir !
-Ecoute, Lionnel, elle est trop jeune, nous ne pouvons pas la chasser.
-J'en ai marre de jouer aux gentils profs d'armes !Elle a une force hors du commun, elle fait peur aux autres !répliqua la voix de Tom, le professeur du dojo.
-Et je n'aime pas avoir le cadavre de sa mère dans les murs de mon église !Si son amant revenait chercher le corps, imaginez le massacre !clama le prêtre.
-Oui, mais nous avons juré de rien lui faire jusqu'à ses 15 ans. Encore trois petites années.
-Surtout qu'elle me saoule à venir squatter chez moi ! lanca une voix qui eut l'effet d'un couteau sur Ludivine, qui se recroquevilla sur elle même, écoutant Oli, d'une voix qui ne tremblait pas, l'insulter et la rabaisser.
Le Commodore mit fin à cette conversation en entrant sans faire attention à l'état de la jeune villageoise, qui n'était qu'une paysanne pour lui, et demanda :
-Des chambres, 20 personnes.
Les hommes se sont soudainement tus, voyant que Ludivine les avait écouté. Norrington comprit que la jeune fille en question était la petite devant lui. Elle s'enfuit en courant, jusqu'au cimetière sans se retourner.Là-bas, elle se jeta sur la pierre glacée de la tombe, pleurant en articulant difficilement « Hypocryte, Hypocryte ».
-Tu étais la fille dont ils parlaient ?
Elle ne se retourna pas, reconnaissant la voix envoûtante du matelot .
-Oui.
-Ils ne le pensaient peut être pas.
-Oh que si.
- C'est ta mère ?
-Oui.
Elle se tourna vers lui. Il était entrain de se recueillir. Puis il lui souria, lui ébouriffa maladroitement ses cheveux noirs, et partit à l'auberge.
Elle se calma, laissant le vent la décoiffer encore plus, et finit par s'endormir sur la tombe.
Le matin, elle se trouvait dans son lit, avec une bande de vieux à ses côtés, la regardant de travers.
-Oh, Ludivine, tu reviens à toi. Comment te sens tu ?
Elle se sentit insultée. Pire. Rabaissée. Ils croyaient s'en tirer comme ça ? Elle sauta du lit, et fourra quelques vêtements dans un sac de voyage, pris son jô (*baton en bois d'un mètre vingts) en main, et sortit en courant du bâtiment, cassant les vitres au passage. Elle se précipita à la plage, z'ieutant le bateau de la marine. Elle y nagea, entra dans la calle, s'enferma dans une caisse et attendit.
Elle attendrait le temps qu'il faudrait.
Elle voulait tout foutre en l'air. Elle ne voulait plus de règle. Elle voulait des vrais amis. Peut être de l'amour. Une famille. Oh !Tant de choses.
Mais surtout une. De la liberté.
Elle devait devenir Pirate ...
Yatta...Chapitre numéro DOS ! C'est le premier chapitre d'un long Flash Back dans le passé de Ludivine.
Pour passer au prochain chapitre... 15 commentaires! (de personnes différentes)
JA NE
Texte et Dessin de Niji


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