[Chapitre 10 -> Niji no Past ]

[Chapitre 10 -> Niji no Past ]

La Caravelle avait été récupéré, la navigatrice avec. Elle expliqua aux Nakamas pourquoi elle haïssait tant les pirates, et tenta de faire comprendre qu'elle avait vécu un dur passé. Tout le monde l'écoutait avec attention, et semblait plus ou moins compatir. Les langues se délièrent, et tout le monde résuma un peu leur passé. On apprit la mort de la mère d'Ussop, le sacrifice de Shanks, le naufrage de Sanji avec le vieux Schnok. La promesse de Zoro, qui serra le c½ur de Niji. Il y avait une autre femme dans sa vie...
Seule Ludivine et Niji restèrent stoïques. Ludivine se contenta de grogner :
-Ma vie ne vous regarde strictement pas ! Ce que je faisais au Caraïbes est connu dans les récits et les livres, le reste est personnel. Sachez juste que j'ai tout perdu. Tout.
Niji la regarda, puis, fixant ses mules, elle commença :
-Moi, je m'en suis enfin rappelé. Mais...
-Raconte.
L'ordre venait de Zoro. D'une voix dure, stricte, il avait décidé qu'il saurait quels démons hantent le passé de Niji.
-Bien. C'est bien parce que c'est toi, Zoro, rigola malicieusement Niji, ce qui eu le don de faire rougir le sabreur.

[Remontons en 1514]


Une petite fille courait à perdre haleine dans le village de Kaju, un petit port du Pays du Milieu, en Chine. L'école venait *enfin* de finir. Elle trimbalait son cartable à travers les rues de pavés, où un petit vent marin lui faisait gonfler ses cheveux longs. Elle pénétra dans le bois de bambou, suivant son chemin à l'instinct comme un petit animal recherchant sa tribu. Elle vit enfin une petite maison faite en grosse pierre blanche et en bois d'acajou. Une fumée sortait de la petite cheminée, et elle entendit des bruits du jardin. Elle jeta sans vergogne son sac dans la terre battue du potager et courut dans le jardin, derrière la maison. Là-bas, elle resta, comme à l'ordinaire, bouche bée devant cet homme. Il tenait un magnifique arc rouge et blanc dans la main, une flèche avec le bout en argent droite, prête à partir. Une centaine de mètre plus loin, une cible mouvante tanguait dangereusement. L'homme, souffla pour écarter une mèche violette de son ½il « viseur », le gauche, et laissa partir sans bruit sa flèche. Elle se ficha en une fraction de seconde en plein milieu de la cible. L'homme sourit et se retourna vers l'enfant, qui battait des mains avec entrain.
-Woah !! T'es vraiment trop fort, Papa !
Yamiya rigola, et tendit un autre arc à la petite fille.
-Mais, Niji, tu y arrives aussi, non, sur cette cible ? Et c'est la plus dur...
-Pas aussi bien que toi, répondit-elle, en saisissant un grand arc d'acajou noir, et de cuivre rouge.
Elle se mit en position, ferma l'½il gauche, et garda le droit ouvert. Un ½il très bridé, en amande, d'une couleur violette brillante. Mais, contrairement aux gens normaux, sa pupille, qui devrait être noire, était blanche, comme un diamant. Elle avait même les oreilles un peu pointu comme son papa ! En tirant sur la corde et la flèche, ses petits bras forcèrent, et tremblèrent. Elle tint bon, et lâcha la flèche qui se planta au même endroit que celle de son père.
-tu vois !
Il la prit dans ses bras. Elle lâcha son arme, et fit semblant de voler avec lui. Du haut de ses sept ans, il lui semblait si grand ! Et elle était si fière de lui ressembler. Elle avait les mêmes yeux que lui. Lui, avait des cheveux du même pourpres soyeux que les siens. Ils étaient juste plus courts. Aussi fluides, et un peu bouclés sur les pointes. Elle avait la peau blanche de sa mère par contre. Lui avait une peau bien rose.
-Bon, va donc faire tes devoirs avec ta mère !dit-il en la reposant.
Elle grimaça.
-Avec toi !
-Ta mère serait contente...
C'était faux, et tout le monde le savait, sauf Yamiya, qui ne voulait pas se rendre à l'évidence. La mère de Niji, Tsuki, était une femme faible d'esprit, n'aimant que statut social et argent. Par amour pour Yamiya, elle s'était retiré des affaires, et jouait à la petite femme modèle. Mais elle n'avait jamais cru qu'il voudrait un enfant. Elle lui fit donc Niji à contre c½ur, et haïssait cette enfant, tout en le cachant à son mari.
Niji rentra dans la maison en traînant les pieds, prit son cartable en passant, et s'installa à la table de la salle à manger, en lançant un « Huan Ying (*Bienvenue en chinois), Maman ». Elle n'obtient en réponse qu'un grognement.
En faisant ses multiplications, elle sourit. Cette vie la rendait si heureuse. Même si sa mère ne lui rendait pas satisfaction, son père était tellement gentil ! Elle avait hâte d'apprendre encore plus à manier l'arc et la flèche ! Et il l'avait en secret déjà mise au courant des techniques de bases de ninjustu et taijustu. Quelle vie ! Elle s'endormit sur ses cahiers, attendant dans ses rêves que son père vienne la réveiller pour le dîner.
*
-Papa ! Papa !!!!
Niji, une fois n'est pas coutume, déboula dans la maison familiale, criant :
- Papa, tu ne me croiras jamais ! Un bateau pirate ! Sur la rive ouest de l'île ! Papa ! Papa ?
Elle entra dans la cuisine, pour y voir sa mère, affalée sur la table, pleurant de tout son saoul.
-M'man ? Qu'est ce qui t'arrives ?
Tsuki lui lança un regard mauvais. Elle bafouilla juste :
-Va à la plage, sale gamine.
Niji se retourna, en jetant un regard effrayé à sa mère, et chercha son père dans la maison. Plus aucune flèche traînant, plus son arc accroché dans l'entrée. Plus son kimono de soie noire traînant dans la chambre parentale.
La petite fille compris le danger et courut à la plage. Elle rejeta un regard plein d'étoiles à l'énorme bateau à tête de dragon. Un drapeau noir avec une tête de mort ayant des épées comme os flottait au vent. Elle repéra la stature mince de son père, ayant revêtit son plus beau kimono, un de soie rouge vive, s'accordant avec son arc. Elle se jeta sur lui.
-Papa, tu fais quoi là ? Hein, Papa ?
Elle vit à côté de lui un gros sac de voyage. Un homme à queue de cheval noire, un homme au cheveux frisés, un gros homme lui lancèrent un regard plein de compassion et de pitié pendant approximativement une demi seconde avant de repartir à leurs occupations.
S'approcha d'eux un grand homme roux, dont un ½il était barré de cicatrices. Niji ressentit sa puissance, sans en avoir peur. Etrange. Elle se dégagea des bras de son père, et se fit petite quand le pirate la regarda. Il lui souffla, d'une voix très douce :
-Ne me hais pas pour t'avoir pris ton père. Tu comprendras un jour que cela va te donner la force d'avancer dans la vie.
Niji plongea ses yeux violets dans le regard fort et noir du roux. Elle ne détourna pas les yeux et attendit qu'il se retourne vers l'océan un peu agité.
-Yamiya, nous partons maintenant. Je ne veux pas attendre que la tempête me retrouve. Je suis désolé de te presser. Mais déjà que je suis assez bon –il rigola- pour t'emmener retrouver ton bateau...
-Papa ? Tu fais quoi ? Tu les connais ?
Le roux rigola :
-Qui ne connaît pas le meilleur archer du monde, Yamiya la flèche noire ?
Niji cligna des yeux.
-Meilleur...Archer ?
-Et ninja en plus ! C'est quand même un des quatre empereurs pirate...compléta l'homme aux cicatrices, puis il se rengorgea. Comme moi !
Elle se retourna vers son père.
-Tu ne m'avais rien...Jamais rien dit !
Shanks eut le sourire crispé de la personne ayant dévoilé un secret...
Yamiya soupira après avoir fusillé du regard le roux.
-J'aurais préféré que tu n'en saches jamais rien. Pour ton bien, et parce que...
-Je vais prendre ta place un jour !le coupa Niji.
-...Tu aurais essayé de me surpasser...compléta t-il, en soupirant. Tu ne pourras pas, Niji. Cela ne se voit pas mais je suis aussi fort que Shanks –il désigna le roux- mais sur des plans différents.
-Je serais plus forte que toi, parce que tu vas m'apprendre comment tu te bats, non ?
Yamiya la regarda tristement. Il n'aurait pas la force de lui dire. Faites qu'elle comprenne seule !
Et Niji comprit. Son c½ur se souleva, et ses yeux la piquèrent. Sa gorge se noua. Elle laissa couler ses larmes sans bruits.
-Tu pars avec eux ?
-Oui. Pour aller retrouver mon équipage. Je les ai abandonné il y a trop longtemps.
Elle mis quelque instants à réaliser ce que cette réponse allait représenter pour elle et sa mère. Pour sa vie. Avant d'avoir pu faire le point, elle éclata inconsciemment en sanglots et s'agrippa à la tunique de son père.
- Tu ne peux PAS partir !!!!! Papa ! Ne me laisse pas !!!! Ne me quitte pas ! J'ai besoin de toi, Papa ! Papa !
Il resserra l'étreinte, et lui murmura :
-Je ne regrette pas de laisser ta mère. Pour toi, c'est différent. Tu dois comprendre, il FAUT que je parte... Mais, te laisser...A été le plus dure choix de ma vie. Tu dois vivre, Niji. Comme si j'étais là. Si tu réussis, nous nous reverrons un jour.
-Noooon ! Papa ! Non ! Si tu pars, je ...
-Niji ! dit-il plus durement. C'est pour toi que je dis ça. Ne fais pas l'enfant, je t'ai apprit à être raisonnable, non ? Alors ?
-Mais...
Niji se sentit si honteuse qu'elle baissa les yeux. Le vent devint glacé. Elle frissonna, en pensant quand même « j'ai le droit d'être triste, au moins ? »
Elle lança à son père :
-T'es vraiment méchant...J'te dépasserai un jour.
Son père lui planta un baiser sur la joue.
-Tu comptes devenir la meilleure archère au monde.
Niji se mordit les lèvres et fronça ses fins sourcils.
-Oui.
-Bien, ma chérie.
-Yamiya, je vais être obligé de te presser...Mais là...
-J'arrive...
Il lança un regard à sa fille, et la vit encore entrain de pleurer. Elle cria :
- Tu ne peux pas m'empêcher d'être triste et de pleurer !
Yamiya sentit l'océan glacé se déverser en lui. Il laissa tomber quelques larmes.
-Je sais ma chérie. Tu...
Il se retourna, une main sur les yeux, monta sur le bateau, et s'affala contre la rambarde pour se remettre de ses émotions. Niji était tombé sur le sable. Une averse gelée se mit à tomber.
-Papaaaaaaaaaaaaa !
*
Tsuki était complètement détruite. Alors que Niji pleurait sur la plage, elle tenta de m'être fin à ces jours. Yamiya était trop gentil pour lui dire clairement mais elle avait compris le message. Il ne l'aimait plus depuis longtemps. Trop longtemps. Elle avait saisi un couteau et le regardait avec un attrait maléfique. Quand elle alla le poser sur ses veines, Niji déboula dans la maison, et lui arracha l'arme. Elle avait compris que, aussi détestée de sa mère qu'elle soit, c'était à elle de la surveiller maintenant. Elle en avait la charge. Alors, du haut de ses 7 ans, pleurant et décoiffée, elle berça sa mère et la mit dans son lit.
Ce soir là, Niji semblait avoir prit dix ans, dans sa tête d'enfant. La tristesse et la responsabilité se peignaient dans ses yeux. Mais une détermination encore jamais connue s'empara d'elle. Une détermination farouche. Après tout, n'était-elle pas la fille du meilleur archer ? Dès qu'elle s'assura que sa mère était bien endormie, elle partit sur son terrain d'entraînement. Elle toucha son arc, le seul que son père avait laissé, et son carquois, avec tendresse. Elle banda une flèche, la lâcha et malgré le vent, la colère, et la pluie, elle se ficha dans le rouge de la cible.
Elle réussirait.
*
Jusqu'à ses huit ans, le quotidien de Niji se résumait à rater l'école de plus en plus régulièrement pour surveiller sa mère, la supplier de manger pour qu'elle garde la santé, courir au village chercher le médecin, un homme étrange aux yeux fureteurs.
Et dès qu'elle avait un moment de libre, elle se plongeait dans son entraînement, qui consistait à trouver chaque jour des cibles plus difficiles, faire le tour du bois en courant plus vite que l'éclair, réussir à utiliser quelques ninjustu de base –le dédoublement, les bulles d'air-. Elle savait qu'elle progressait. Elle savait qu'elle pouvait rivaliser avec le professeur de judo du village. Mais elle n'en voyait pas l'utilité. Elle voulait devenir la meilleure archère au monde, certes...Mais pas plonger dans l'illégalité. Son père était peut être pirate, mais elle ne voyait pas l'utilité d'en être une, elle. Elle pouvait seulement battre son père, ça lui suffirait.
Oui, Pirate, ce n'était pas vraiment quelque chose qui la branchait. Pas pour l'instant, du moins.
*
Niji s'en souvient. Quelques jours après ses huit ans, elle rentra chez elle, après l'école, d'assez mauvaise humeur. Ils avaient eu SVT toute la journée ! Elle détestait ça ! Mais quelque chose attira son regard, quand elle arriva devant sa porte. L'odeur de viande rôtie. La cheminée qui fume. Sa mère se serait ... levée de son lit ? Sortie de sa chambre ? Elle se précipita à l'intérieur, entra dans la cuisine, et vit, sa mère, radieuse, aux fourneaux, cuisinant un poulet qui commençait à avoir la même couleur que ses cheveux, d'un or blanc.
-Oh, Niji, tu es rentrée ! J'ai une grande nouvelle à t'annoncer...
Niji posa son cartable sans comprendre. Hier encore, le médecin était venu, et comme d'habitude, lui avait prescrit ses médicaments habituels. Alors, pourquoi ce changement ?
-Tu reconnais Wakumono-sensei ?
Un peu qu'elle le reconnaissait, Niji, ce vieux...Enfin, le même âge que sa mère, pas très grand, le teint cireux, des yeux très noirs, les cheveux courts virant sur le gris. C'était le docteur qui venait soigner sa mère depuis un an. Niji détestait son regard. Trop perçant, trop...
-Oui, je reconnais Wakumono-sensei.
-Bonjour, Niji-kun, sourit Wakumono.
-Bonjour, sensei, souffla t-elle, un peu sceptique. Maman ?
-Je...Oh, j'ai décidé de me remarier, Niji. Voici ton nouveau papa !
Niji fronça les sourcils.
-Je n'ai qu'un papa. Et c'est Yam...
-TAIS TOI ! Ne prononces plus jamais ce nom devant moi ! Ce pirate s'est enfui ! Wakumono est là ! Lui il m'a compris...
-Je sais que ta mère veut recommencer à travailler. Alors, elle se remettra à bosser à la mairie du village, à son ancien poste, et je te garderais, n'est ce pas, Niji-kun ?
Le sourire de Wakumono remplit d'effroi Niji. Elle n'avait pas le choix.
-alors, Niji ?
-Que veux tu que je te dise, Maman ?
-Que tu es heureuse...
Niji ramassa son cartable, et alla dans la salle à manger où elle se mit à travailler sans lancer un regard à sa nouvelle famille.
-On ne m'a jamais enseigné le sens du mot « heureux », depuis un an.
*
Quelques mois passèrent sans encombre. Sa mère s'était remise à travailler. Elle rentrait épuisé le soir, et pour ne pas crier sur son mari, elle se défoulait sur sa fille, maintenant que Yamiya n'était plus là pour l'en empêcher. Wakumono laissait Niji tranquille, du moins, en apparence. Il la laissait faire ses devoirs seule, s'entraîner quand elle le voulait. Mais il gardait à longueur de temps ses yeux froids et déshabilleurs sur elle.
Les problèmes commencèrent quand Tsuki fut obligé de faire des déplacements vers la capitale pendant quelques temps. Elle partait quatre jours, revenait une semaine et repartait. Au début, ça ne changea pas les habitudes prises. Mais peu à peu, Wakumono devint plus collant, plus strict. Il se collait trop à la petite fille, qui n'osait le repousser. Il était quand même son beau père même si elle ne le pensait pas au fond d'elle. Et son père lui avait apprit à respecter les membres de sa famille quel qu'ils soient.
*
La déchirure qui était destinée à poursuivre Niji toute sa vie se passa le jour où Tsuki fut obligé de partir cinq mois à la suite. Ce jour là, Wakumono ordonna Niji à aller chercher la clé à la nouvelle serrure qu'il avait fait mettre à la chambre de la petite ... « Pour plus d'intimité pour toi, Niji-kun »avait-il dit.
Niji sautilla jusqu'au village, chantonnant sur des airs chinois de contes pour enfants.
Elle a donc récupéré sa clé, puis, repartant vers sa maison, elle fut stoppée par quelques choses de simplement magiques. Un chant. Venant d'un bar. Un son cristallin et mélancolique d'un instrument à corde, accompagné d'un air latin, triste, lent, magnifique.
Incapable de résister, Niji s'approcha, passa sa tête dans l'entrebâillement de la porte du bar, et observa un jeune homme jouer du violon en chantant ses paroles :
- ...O, quam sancta, quam serena,
quam benigna, quam amoena,si O, castitatis lilium...

Il se stoppa et se retourna en souriant vers l'intruse.
-Tu écoutais, petite ?
Niji entra et, rougissant, s'excusa :
-Désolée.
Il éclata de rire.
-Ne t'excuse pas. As tu aimé ?
Niji releva la tête, et avec un magnifique sourire, répondit :
-Oh oui ! C'était si magnifique ! Vraiment !
-Merci, bien, chère demoiselle ! Pouffa t-il.
Niji le regarda. Il était assez grand, devait avoir 20 ans. Il avait les cheveux blonds paille, avec des reflets d'or, une longue tresse, un bandana par dessus, et les yeux bleu marin. La peau mate, il portait une tunique noire avec l'idéogramme du rêve en rouge dans le dos. Il respirait la gentillesse et la douceur.
-Je t'en chanterais d'autres, si tu le veux, proposa t-il.
-Oh oui, je ...
Elle entendit la cloche de l'église...Merde ! Wakumono ! La clé.
Elle détala en hurlant « J'suis en retard, aurevoiiiiiir ». Elle ne vit pas le jeune homme rigoler derrière elle, et recommencer à chanter, une nouvelle chanson qu'il inventait au fur et à mesure, sur une mystérieuse petite chinoise apparut dans sa vie.
Quand elle entra chez elle, Wakumono la fixait avec méchanceté.
-Tu en as mis du temps...

[1522]
Niji se stoppa dans son récit. Ses expressions étaient figées et dures. Elle semblait être une autre personne, comme pendant ses combats. Une personne incapable de sentiment. Mais d'un seul coup d'un seul, son visage et son sourire timide, ses yeux brillants revinrent et d'une mimique posée, elle déclara que le reste viendra peut être un autre jour.
Dans la soirée, on fêta tout ses évènements. Et Zoro, sans savoir pourquoi, ne put s'empêcher d'observer à la dérobée la jeune chinoise, qui s'imprégnait dans son c½ur de plus en plus fortement.



Wala, wala, le passé de Niji commence. Je ferais de coupure pour raconter un peu Logue Town, pis je reprendrais avec le passé de Ludi pis encore Niji et viendra bientôt le temps (des cathédraaales) de l'apparition de Kami...Enfin, j'espère, car notre Kami est motivée par une autre de ses fics en ce moment ^^"
=DD
New Fic By Niji Sur Harry Potter si ça vous chante.
Jane Minna
Niji

# Posté le dimanche 14 septembre 2008 09:15

Modifié le dimanche 14 septembre 2008 14:52

[Chapitre 11 --> Niji no Past II " Artemis & I"]

[Chapitre 11 --> Niji no Past II " Artemis & I"]
[1514]

-Désolée, je me suis arrêtée en chemin...
Elle lui donna la clé, qu'il attrapa avec hargne. Il lui fit signe de la suivre, et à grand pas, se dirigea vers la chambre de la petite, la fit entrer, la suivit, et vérifia de l'intérieur que la clé marchait. Elle fonctionnait en effet, et Niji se retrouva enfermé avec le docteur. Les yeux dans le vague, elle se contrefichait de sa présence... Elle avait encore les belles paroles latines du barman qui lui faisait avoir des frissons dans tout le dos. Wakumono ne partait pas. Elle regardait sa chambre, rêveuse, laissant courir son regard sur les murs verts et blanc, avec des teintures chinoises dessus. Son petit lit moelleux, avec ses vieilles peluches. Wakumono ne partait toujours pas. Niji sortit de ses nuages, et lui demanda s'il voulait quelque chose de spécial.
-Oh, oui. Ta punition d'avoir été si longue, tout à l'heure.
Sans savoir pourquoi, Niji frissonna et cette fois ci, ce n'était certainement pas dû à la chanson du barman. Un pressentiment horrible l'assaillit. Elle avait déjà eu des punitions mais elle sut que celle là serait un tournant dans sa vie. Du haut de ses bientôt neuf ans, elle vit l'homme s'avancer vers elle, la saisir par le bras, et la jeter sur le lit.
-Qu...
-Tais toi ! Ordonna t-il. Tu vas m'obéir, tu n'as pas le choix !
-Je...
-je t'ai dit de te taire !
Pour illustrer ces paroles, il la claqua, si fort que son frêle corps s'affala contre le tapis. Elle se frotta la joue, sentant les larmes venir. Pourquoi ? Wakumono ne l'avait jamais frappée...C'était toujours sa mère qui le faisait. Pourquoi ? Il l'avait fait si fort. Pourquoi ? Il était entrain de défaire les boutons de son pantalon.
-Mais...
-T'ai je donné le droit de poser des questions ?
[...] --> (NdA : J'ai coupé le passage, je pense que tout le monde a comprit, pas besoin d'en faire 5 pages)
Elle s'évanouit vite.
[...]
Quand elle s'éveilla, elle était en sueur, et du sang avait coulé sur ses jambes. Elle avait si mal...Aussi bien au sexe, qu'au c½ur. Elle était enfermée dans sa chambre. Elle savait très bien que Wakumono l'avait enfermé.
Elle s'assit sur le lit, s'appuyant contre le mur. Elle savait également ce que Wakumono lui avait fait. En Sciences, on appelait ça « Reproduction ». Les grands du collège appelaient ça « La baise ». Et les grandes du lycée appelaient ça « Faire l'amour ». Et les maîtres et maîtresses disaient que ça servait à faire des bébés, mais aussi à éprouver du plaisir avec la personne qu'on aime. Mais qu'on aime d'amour. Deux amoureux qui s'embrassent, se promènent main dans la main. Pas comme Wakumono et elle. Ce que le docteur lui avait fait, sa maîtresse en avait parlé une fois, dans la classe. Ce jour là, elle avait pris un air grave, et avait expliqué que c'était sûrement le pire péché du monde, qui rendait plus malheureux que tout la victime. Niji se sentait « Victime ». Elle savait qu'elle venait d'être victime d'un viol pédophile. Que de mots compliqués. Elle ne les avait pas comprit à l'époque. Dans son esprit, ces deux mots signifiaient tout simplement « La souffrance ». Elle se mit à pleurer et implorer. « Papa... Papa...Toi, tu ne me faisais pas ça... » Elle savait.
Et le fait de savoir la faisait souffrir.
Cinq mois avant que Tsuki revienne. Comment allait-elle tenir ? Comment allait-elle le dénoncer ? Le pourrait-elle, d'ailleurs ? A t-elle les preuves nécessaires ?
La porte s'ouvrit brusquement. Wakumono lui jeta son uniforme scolaire.
-Allez, à l'école. Et ne traîne pas en revenant, à sinon, je serais encore plus brusque ce soir. J'ajoute, bien sûr, que tu as interdiction d'en parler. De toute manière, tu n'as aucune preuve, et réfléchis à ce que je pourrais faire à ta mère si tu me dénonçais...Ton père ne serait pas content que tu sois responsable de sa mort.
Niji passa vite la chemise blanche et la jupe plissée rose carmin, attrapa son sac et courut hors de la maison, le visage aussi blanc que la méchante de son livre, barbouillé de larmes. Arrivé au village, elle croisa le bar man qui lui sourit :
-Oh, petite ! Tu viendras m'écouter ce soir ?
Elle ne le regarda même pas, elle continua de courir. Elle ne vit donc pas le blond froncer les sourcils en se demandant quel changement avait pu s'opérer en elle depuis la veille. Niji n'écouta pas les cours à l'école. Elle n'avait qu'une peur, rentrer chez elle, ce soir. Elle voulait s'enfuir. Mais où ? Et la vie de sa mère était en jeu. Personne ne la croirait si elle disait la vérité. On l'a prendrait pour une folle. Et le seul médecin capable de dire si elle avait vraiment perdu sa virginité était...Wakumono. Donc, la seule solution était la fuite. Mais si elle partait, qui retiendrait ce monstre de s'en prendre à sa mère. Niji n'aimait pas spécialement sa mère, mais cette femme lui avait donné la vie. Et son père n'aurait pas aimé qu'elle parte lâchement.
Alors, lors de la dernière sonnerie de la journée, elle prit à lentement le chemin de sa maison. Pour la première fois de sa vie, le fait de n'avoir aucun ami lui pesa sur ses petites épaules. Niji n'avait jamais senti l'utilité d'avoir des copains avec qui jouer au « chat » dans la cour, n'avait jamais eu envie de partager ses secrets à des copines, n'avait jamais voulu avoir une meilleure amie à qui elle pourrait tout confier. Mais là, en voyant tout ses camarades se faire la bise, s'invitant pour les jours de congés, les garçons préparer des nouvelles bêtises, les filles montrant le maquillage piqué à leur maman, Niji se sentit si seule et jalouse de toute cette simplicité puérile que ses pieds lui pesèrent encore plus. Plus rien ne lui importerait. Ses entraînements supprimés, son rire enfermé. Ses souvenirs brûlés, sa voix baissée.
Son calvaire dura trois jours entier. Au bout de ce si courts laps de temps, Niji semblait être devenu le fantôme de soi-même. Une Niji encore plus blanche que la Niji à la peau déjà porcelaine. Une Niji aux yeux ternes alors que l'ancienne Niji avait en continu une lueur de malice dans ses perles violettes. Une Niji dévastée.
*
Trois jour pour jour après le premier viol du docteur, Niji sentit qu'elle allait craquer. Elle avait été si faible pendant ces derniers temps. Mais elle n'avait même plus assez de chakra pour un minuscule sort. Elle concentrait son énergie ninja lors des assauts violents de Wakumono pour ressentir un peu moins la douleur. Et son arc avait été enfermé, caché quelque part dans la maison, elle ne l'avait pas vu depuis ce fameux et maudit jour. Trois jours. Qu'est-ce dans une vie, n'est ce pas ? Mais trois jours pour une enfant subissant ça...C'était l'éternité ...Alors que Wakumono allait s'introduire en elle, elle le repoussa violemment, et lui arracha la clé d'autour du cou. Elle le prit de vitesse, ouvrit la porte de sa chambre, et courut dans la cuisine, nue comme un ver. Elle voulut saisir n'importe quoi, un couteau, quelques chosequi l'assommerait, le tuerait, qu'importe. Mais le docteur, le pantalon toujours ouvert, l'agrippa, la gifla, la rua de coup. Il saisit la poêle qui était encore brûlante, entrain de cuire la viande pour les okonomiyakis du soir, empoigna Niji par l'avant bras, et posa la poêle, provoquant une brûlure horrible sur le haut du bras de Niji. Entre l'épaule et le coude, une marque rouge apparut, la peau blanche de Niji fumait. Elle hurla, s'égosilla. Wakumono allait la faire regagner la chambre quand la cloche de l'entrée sonna. Wakumono regarda Niji et lui murmura, terrifiant :
-Tu fais un seul bruit, tu meurs...
Il reboutonna son pantalon et alla ouvrir. Niji, allongée sur le carrelage glacé de la cuisine, pleurait sans bruit. Il l'avait déjà frappé. Mais jamais autant. Son corps entier la faisait souffrir. Et surtout, cette brûlure. Elle entendit les bruits dans l'entrée. La voix froide de Wakumono...
-Oh, bonjour, Artemis San. Vous m'apportez ma réserve de saké ?
La voix chaude et chaleureuse du bar man que Niji avait rencontré...
Elle voulut l'appeler, mais elle n'en trouva pas le courage. Elle écouta, impuissante.
-Bon, je vous réglerais demain. Merci encore, Artemis San.
-Vous ne pourrez pas me régler demain, sensei.
-Mmh ?
-car vous allez...
*Bruit d'une épée sortant de son fourreau*
-Mourir maintenant.
De la porte de la cuisine, Niji vit le docteur reculer, et se plier en deux, comme s'il avait eu mal au ventre. Mais une ouverture rouge lui barrait le ventre. Il se convulsa, puis tomba en arrière, l'écume aux lèvres, sans vie.
Niji, si elle n'avait pas été si fatiguée et désespérée, aurait sauté de joie. Mais elle se contenta juste de soupirer de soulagement, et de regarder le bar man entrer dans la cuisine. Il lui jeta un regard, sortit de la pièce. Elle l'entendit farfouiller un peu plus loin, et il revint avec une serviette imbibée d'eau fraiche. Il s'approcha doucement d'elle, la redressa, et lava ses blessures. Elle n'avait pas honte d'être nue devant lui. Lui, il était doux. Gentil. Elle pleura doucement. Il l'a prit dans ses bras. La berça.
Toujours doucement, il lui demanda :
-Je sais que je ne devrais pas te brusquer, mais si tu devais partir, que prendrais tu ?
-Partir ?
Le jeune homme lui sourit.
-Partir, oui. Avec moi. Pour une nouvelle vie. Si ça t'intéresse, prends tes dernières forces et va faire ton sac !
Niji ne réfléchit même pas aux conséquences. Elle ne pensa pas qu'il pouvait mentir. Son sourire ne mentait pas. Elle se releva, et courut vers sa chambre. Elle prit un grand sac de grosse toile, y fourra ses vêtements préférés. Elle cassa quelques cadres en sortant les photos de son père, et alla fouiller dans la chambre de sa mère. Elle y prit de l'argent, et surtout, retrouva, derrière une malle, son arc et son carquois. Elle revint dans le salon, après avoir revêtu une tunique chinoise noire, presque la même que le blond.
Il rit un peu, attrapa le sac de Niji, la prit dans ses bras fins, et la serra contre lui.
-Je sais ce que tu as traversé, petite. Mais on peut tout recommencer. Ici, à partir de demain, je serais considéré comme un meurtrier. Je vais partir. Et ce que je te demande, c'est de venir avec moi et de devenir...
-De devenir ?
-Ma vraie petite s½ur...
Il se stoppa, se rendant compte qu'il ne connaissait même pas son prénom. Elle lui répondit doucement :
-Niji.
-Ni-chan... Moi, c'est Artemis.
-Arty ?
-Arty, oui. Alors, que décides tu, Ni-chan ?
-Je ... je veux plus jamais revenir ici. Je veux partir avec toi, Arty.
-c'est comme si c'était fait, belle demoiselle. On va guérir tes plaies et laver mes péchés ensemble.
-Ensemble ?
-Toujours ensemble...
Niji, épuisée, s'endormit dans ses bras en murmurant :
-Ensemble.
*
Quand Niji se réveilla, elle sentit un énorme coup de vent qui la déstabilisa. Du bois, de l'eau salée... Le sol tanguait...Qu'une solution...Elle sortit de la pièce où elle était, et put observer l'étendu infini bleue. L'océan. Elle était sur un bateau ! Pour la première fois de sa vie.
Derrière elle, Artemis riait avec le capitaine, un vieux monsieur aux cheveux blanc neige en bataille.
-Haha ! Donc, vous et votre petite s½ur allez tenir un bar ? Faudra m'y servir un coup qu'en 'y sera ouvert !
-Comptez sur nous. J'ai déjà le bâtiment, mais il nous faudra du temps pour le retaper.
-Eh ben, bonne chance, mon gars. Rejoignez donc votre petite s½ur, elle ne semble pas à l'aise devant un tel spectacle.
Le blond vint se mettre à côté de Niji, qui agrippait la rambarde avec une force insoupçonnée.
-Arty, et si ça casse ? Si l'eau nous avale ?
-Mais non. Tout ira bien.
-T'es vraiment sur ?
-Mais oui... De quoi as tu peur ?
- Dans tous les contes, le bateau se noie ! Et les sirènes viennent sauver les naufragés !
-Donc si on coule, des sirènes nous sauveront, de toute façon ?
-Toi, peut être, parce que tu es beau...Mais moi, je ne suis pas un garçon, alors elles s'en foutent !
-Oooh ! Mais moi, je te sauverais...Parce que tu es la plus belle.
Il lui colla une bise sur sa joue refroidie par le vent et rosie par le compliment.
Au bout de quelques heures, Niji s'habitua aux roulis des vagues, et se grisa du vent marin. Elle se sentait bien sur l'eau. Elle aurait voulu courir de la proue à la poupe, en hurlant de tout son soul, mais les marins travaillaient, et il ne fallait pas les déranger. Elle se dit, que plus tard, elle naviguerait à un endroit où elle aurait le droit d'être libre sur le bâtiment flottant.
Elle s'émerveillait sur les couleurs turquoise de la mer quand Artemis vint la rejoindre.
-Dis, dis, Arty, ça s'appelle comment, la où on va ?
-Logue Town. Là où tout commence et tout finit.
-Pourquoi ?
-Le seigneur des pirates est mort là bas.
-C'était quelqu'un d'important ?
-Pour les pirates, il était aussi important que l'empereur de Chine.
-A ce point ? Waouh ! Et on va tenir un bar là bas, alors ? La classe.
-Hahaha !Oui, mais, par contre, je suppose, que ce bar, dans le quartier où je l'ai acheté, n'attire surtout pirates et bandits. On s'y habituera.
-Pirate...
Elle n'avait plus repensé aux pirates depuis longtemps. « Eux, ils sont libres. Et sur la mer. Peut être que pirate, ce n'est pas si mal. Libre sur la mer. ».
-Tu connais bien les pirates, Arty ?
-Pas trop. Mon père l'était, mais ma mère n'a jamais voulut lui reparler quand elle l'a apprit. Je n'ai des nouvelles de lui que très rarement, et par lettre. Mais maintenant, il n'est plus pirate, mais restaurateur.
-Cool. Tu crois que je le rencontrerais un jour ?
-J'en doute mais pourquoi pas...
« Libre sur la mer »
*
-Arty ?
-Oui ?
-Tu avais eu une photographie du bâtiment que tu as acheté ?
-Non. Je n'ai lu que l'annonce.
-Elle disait quoi l'annonce ?
-Bar à rafraîchir, deux chambres, cuisines, bas quartier de Logue Town.
-Je crois que le mot « rafraîchir » devait être souligné en rouge, non ?
Niji se moquait un peu d'Artemis, observant une façade complètement fissurée. Les couleurs étaient fades, le lierre grimpait avec hargne jusqu'au fenêtres de l'étage.
-Voyons l'intérieur.
Par la porte inexistante, ils pénétrèrent dans une salle poussiéreuse, sombre, où la pourriture recouvrait les murs.
-Bon, je crois que l'on a du boulot, Ni-chan.
-je crois aussi, soupira t-elle, remontant ses manches en lui dévoilant toute ses dents dans un sourire malicieux.
Pendant un mois, ils firent le grand ménage dans les différentes pièces de leur « maison », nettoyèrent et réparèrent la façade, dont la couleur était maintenant rouge soutenue. Artemis avait commandé des nouvelles chaises, des tables, des stocks d'alcool... Le bar prenait forme. Niji balayait, courait acheter des choses dans le centre, faisait de la publicité, laver le linge. Elle travaillait autant qu'Artemis, qui, lui, se battait contre les vendeurs de nourritures et de boissons qui essayaient de l'arnaquer.
Exactement deux mois et deux jours après leurs arrivées à Logue Town, le bar fut officiellement ouvert, juste après qu'Artemis ait posé la dernière énorme lettre de cuivre du nom du bar, au dessus de la porte western.
Une foule d'habitants attendait derrière Niji et Artemis. Il se retourna, et radieux, annonça :
-Le « Tomo » est ouvert, prenez donc place. Tournée générale pour l'ouverture !
La foule se précipita à l'intérieur, prenant les meilleures places, devant le bar, et les moins chanceux se contentèrent des tables près de la cheminée allumée en ce jour d'hiver un peu frisquet.
Niji courait d'une table à l'autre, portant de lourd plateau, souriante, riante, adorable.
Au début, ils eurent un peu de mal à joindre les deux bouts, mais comme Niji ne demandait aucun luxe, et que la seule chose qu'elle réclamait de temps à autres était un roman, Artemis réussit à faire tourner le bar, qui devint vite célèbre. Les pirates s'arrêtant à Logue Town y passèrent leurs journées, à raconter des anecdotes de combats, des rumeurs sur les « grands » de ce monde, sur la marine, ect...
A sinon, comme habitué, on avait Ippon-Matsu, vendeur de Katana, à quelques rues plus loin. Même le Colonel Smoker passait quelques fois !
A ses dix ans, Niji eut même le privilège de rencontrer un membre de l'armada de Barbe Blanche, un des empereurs pirates, comme son père, et Shanks... C'était le commandant de flotte Portgas D. Ace. Celui ci appelait à longueur de temps « Petite Niji ». Et elle répondait par des « Ace Chan » éclatants de bonne humeur... C'est avec Ace qu'elle découvrit les fruits du démon. Ace Chan pouvait allumer la cheminée de loin grâce à son pouvoir ! Il laissa un grand vide quand il repartit.
Artemis apprit à Niji à jouer du violon, art difficile et complexe qu'elle maîtrisa après des longues heures d'entraînements.
Niji, en retour, apprit à Artemis à se servir d'un arc.
Et la vie suivit son cour, pleine de découvertes, d'amour, de tendresses. Jusqu'au douze ans de Niji. Jusqu'à ses douze ans, Niji avait presque oublié les maltraitances qu'elle avait subit. Elle ne pensait plus qu'à l'avenir. Mais tant de bonheur réveilla le démon de la souffrance qui décida d'embêter la petite ninja en lui supprimant ce qu'elle avait de plus cher au monde.
*
Le 17 août, veille de ses douze ans, Niji courut dans la ville, comme à l'ordinaire, sautillant un peu plus haut que d'habitude, par joie. Artemis lui avait prévu une surprise pour son anniversaire ! Et elle attendait le lendemain avec une impatience puérile. La tête dans les nuages, elle n'entendit pas la foule s'écarter. Elle n'entendit pas une personne lui crier « Attention, petite ». Et, surtout, elle ne vit pas l'Homme marcher sur elle, et elle lui rentra dedans.
Niji, assommée, tomba sur son séant. Elle voulut se relever, et s'excuser auprès de l'homme qui avait réussi à garder son équilibre, mais elle fut coupée par un métal froid contre sa gorge. L'homme la menaçait d'une épée, ou elle rêvait ?
-euh...Je m'excu...
-Tais toi, petite gueuse ! Mais comment as-tu osé ? Me bousculer, moi Spandam ?!
« Qui ? Spandam, jamais entendu parler »
-je suis sincèrement désolée, Spandam San. Je ne vous avais pas vu...
-Que veux tu que j'en ai à foutre, bon dieu ? Tu vas payer, petite insolente, salope !
Il leva son arme, Niji prit peur à ce moment là. Ce malade était-il sérieux ? Elle l'avait simplement bousculé ! Elle voulut reculer mais la foule l'empêcher de bouger, elle regarda impuissante, la lame étincelante au soleil d'été. Quand il l'abaissa, Niji eut un hoquet. Non ! Elle ne POUVAIT pas mourir. C'était impossible ! De l'aide. Quelqu'un !
-ARGH !
La lame s'était enfoncé profondément dans la joue blanche de Niji, une ligne droite aux couleurs vermeils s'y dessinant, le liquide chaud coulant sur son débardeur blanc, y laissant des taches aussi incontournables que la cicatrice qu'elle aurait dorénavant sur la chaire tendre de sa joue.
L'Homme releva son épée, visant le torse, Niji, de douleur, avait les yeux brouillés de larmes salées, qui lui tombait dans la bouche.
Un bruit de métal se rencontrant, Niji ouvrit les yeux pour voir un blond qu'elle n'avait jamais vu si remonté. A part lorsqu'il avait tué Wakumono, elle supposa.
-Arty !
Artemis bloquait à l'aide d'une épée fine la lame de Spandam. Ses yeux lançaient des éclairs.
-Tu ne peux pas prendre un adversaire à ta taille ? Il te faut une jeune fille qui ne t'a rien fait, sale con ?
-Traité... Il m'a traité ? Vous l'avez entendu ?
Deux hommes en costumes, dont un aux cheveux bouclés à l'air italien confirmèrent.
-Tu as traité le chez du CP9, gamin ! Tu signes ton arrêt de mort ! Hahaha ! Hahaha ha !
Un rire hystérique glaça les entrailles de Niji. Elle se releva, et s'accrocha à Artemis.
-Arty, lui souffla t-elle. Tout ira bien ? Tu veux que je me batte avec toi ?
Artemis réfléchit à toute vitesse. Il se serait bien battu mais là, sa petite s½ur pourrait être blessée. Et ça, il préférait mourir qu'imaginer cette alternative. Alors, il laissa tomber son arme qui sonna sur les pavés.
-Mon arrêt de mort ?
Spandam s'approcha de lui, et lui souffla :
-Mon gars, t'es raisonnable, j'ai assez de pouvoir pour faire tuer la ville entière. Allez, direction l'échafaud ! Avec ta ...
-Stop ! En me rendant, je supprime les charges de ma s½ur, non ? C'est bien la loi de Logue Town, non, Colonel Smoker ?
Niji se retourna pour voir, en effet, le colonel aux cigares froncer les sourcils, et visiblement aux proies d'envies meurtrières envers Spandam.
-C'est la loi de Logue Town, Spandam. La petite est sous mon autorité. Et le condamné a le droit de lui léguer certaines choses.
Spandam grogna, et se retourna vers le jeune italien, et l'autre gusse, un homme au nez carré. Ils confirmèrent les dires de Smoker. Spandam hurla de désespoir et cracha :
-Alors, petit con, va donc donner son héritage à ta putain de petite s½ur. Qu'on en finisse.
Niji, elle, refusait de comprendre. Artemis n'était pas condamné. Non. Et s'il l'était, il réussirait à s'enfuir avant que les lames lui rentrent dans le corps, non ? Il lui avait dit toujours ensemble, et elle avait confiance en lui.
-Ni-chan ? Tu me suis ?
Artemis, flanqué à ses côtés des deux hommes en costumes, se dirigeait vers le bar. Niji le suivit, poussant un peu l'homme au nez étrange pour se mettre à ses côtés. Le bar apparut dans leur champ de vision, majestueux. Artemis y entra, fouilla quelques pièces pendant cinq minutes, et revint avec le vieux sac de voyage de Niji.
-Je t'ai mis des fringues, des photos, de l'argent, et mon cadeau d'anniversaire. Le violon aussi...Oh ! Et tes armes... Fais gaffe, c'est lourd, et pour le cadeau...Mmh...Ouvre le quand je serais sur l'échafaud.
-Mais...
-Discute pas, p'tite s½ur !
Il lui fourra le sac dans les mains. Elle le mit en bandoulière, prit la main d'Artemis.
-Arty ? J'y comprends rien...
-Je te pensais plus maligne, ma Niji...Bah, c'est peut être mieux ainsi...
Il l'entraîna derrière ses messieurs en noirs. Il essuyait méticuleusement sa joue meurtrie.
-Faudra que tu désinfectes ça, que ce ne soit qu'une cicatrice en « ligne ». Ca te donnera un p'tit air de pirate. Mais si ça s'infecte, ce sera moche ! Sur un si joli minois...
-Arty !
Ils marchèrent en silence, après, jusqu'à la place. Spandam s'impatientait.
-Allez, en haut, le blond ! Allez, et Fissa !
-Deux secondes, vieux con...
Il se mit à la hauteur de Niji, lui ébouriffa les cheveux, et lui sourit :
-Niji...Ma Ni-chan. T'es vraiment ma petite s½ur, tu le comprends...Tu vas être triste, mais je le fais pour toi...
Il l'embrassa sur le front, sur le nez, sur la joue, lui ré ébouriffa ses cheveux, joua avec ses « antennes » et se décida enfin à monter. Il gravit les marches lentement. A chaque pas, le vent s'engouffrait dans sa tresse de la même couleur que le soleil. Le temps était devenu lourd, malgré la brise glaciale. Le chaud et froid ne convainc personne de rentrer chez lui. Toute la ville était là, le bouche à oreille avait dit « un sale con va mettre à mort le jeune Artemis ». Personne ne l'avait cru. Et tout le monde était là, à huer Spandam, à pleurer pour Niji, pour Arty.
Et Niji, était seule, au pied de l'échafaud de bois.
« Impossible »
Le vent qui glaçait Artemis la glaçait deux fois plus.
« Il ne peut PAS »
Artemis, à mi chemin, lui hurla, sa voix emportait au loin par le vent :
-Ouvre mon cadeau !
Niji, les yeux noyés, farfouilla pour chopper une boîte en bois noire, avec des motifs chinois gravés dessus. Elle l'ouvrit sans quitter des yeux Artemis qui se rapprocher douloureusement du sommet de la construction de la mort.
-“O, quam sancta”
Niji hoqueta. Une boîte à musique ! Lilium ! La chanson qui lui avait permit de rencontrer Arty.
Arty arriva en haut.
“quam serena”
Il s'agenouilla, et se plaça, bien droit, dans l'axe des lames.
« quam benigna »
Niji hurla enfin. Non ! Elle commença à monter quatre à quatre les marches.
« quam amoena »
Arty laissa couler une petite, une minuscule larme et prit une profonde inspiration alors que Spandam se jetait derrière Niji pour la rattraper.
-Niji... Si tu n'existais pas, je serais mort ici même sans pleurer. La tête froide. Mais là, rien qu'à penser que je t'abandonne...je...
"si O castitatis lilium..."
-ARTYYYYYY !!!!!!
Niji rata une marche, les yeux brouillés, grelottante, entraînée en arrière par le poids du sac. Elle entendit juste Arty lui hurler qu'il l'aimait et deux coups secs s'enfoncer dans la chaire.
Elle hurla une dernière fois, et, dans sa chute, renversa Spandam, qui, de colère, shoota dans le petit corps meurtri. Elle tomba dans le vide, et s'écrasa quelques secondes plus tard sur le bitume, ne ressentant que la douleur de la solitude. Puis elle sombra dans l'inconscience après avoir vu deux yeux violets inquiets lui demander de rester en vie.

[1522]
Niji se tordait les mains sous les regards choqués, compatissants ou en furie de ses nakamas.
-Voilà...Vous savez tout. Enfin après, je fus recueillis par un navire Orphelinat que j'ai quitté il y a deux ans pour faire ma route seule. Voilà...Oui, voilà.
Et tout le monde comprit qu'elle mentait honteusement sur la fin de l'histoire. Ce n'était pas la fin. Mais personne ne trouvait le courage de le lui demander après ce qu'elle venait de raconter. Personne à part...
-Tu nous diras l'entière vérité un jour ?
La chinoise se tourna vers l'épéiste doucement...
-Je...Ne sais pas, Zoro.





Wala Wala
On s'arrête là pour le passé de Niji, et le prochain chapitre, ce sera l'arrivée à Logue Town.
Niji
Dessin & Pix : Niji



# Posté le lundi 22 septembre 2008 11:52

[Chapitre 12 --> Logue Town ]

[Chapitre 12 --> Logue Town ]

-Je vois, dit Nami, le lendemain matin, essayant de remettre en place les différents éléments du passé de Niji. Donc...Aucun contact avec ta mère...
-Elle peut crever, j'en ai rien à foutre, grogna Niji.
-Ton langage... murmura Ussop.
-Tu dois attendre de dépasser ton père avant de le revoir...
-Ouaip.
-Et, Artemis est donc...
Niji respira une grande goulée d'air frais.
-Aniki est mort pour me protéger. Et je viens de me rendre compte- enfin, plutôt...J'ai rencontré son père. Sanji...C'est Zeff, le père de mon Aniki. Et tu lui ressembles beaucoup, tu sais. Les cheveux blonds, les yeux bleus.
Sanji resta silencieux quelques instants avant de se jeter en mode Melloline sur Niji.
-Oooh, Niji-swaaaan ! Je te protégerais comme ton grand frère, mais je veux un baisAIIIIIIEGRMOUPHHM.
Alors que le blond allait essayer d'embrasser Niji, Zoro lui avait donné un coup de Katana sur la tête.
-Arrête tes conneries, tu veux, sourcils en vrille ?gronda t-il.
-Tu veux qu'on en parle, marimo ?
*Bataille puérile et quotidienne entre nos deux jeunes hommes*
-Et après le navire orphelinat, tu ne te souviens vraiment pas ?
Niji ouvrit grand les yeux, puis les plissa. Elle détourna son regard et se mordit les lèvres. Elle dit, d'une voix qui se voulait assurée :
-Non.
Zoro envoya d'un coup de pied bien placé et puissant Sanji à l'eau et se retourna vers le chinoise :
-Tu mens. Ca se voit.
Niji alla répliquer puis se ravisa et se contenta de répondre :
-Il y a certaines choses...Qu'il vaut mieux que vous ignorez. Vraiment. Pour vous.
Comme les nakamas acceptaient que Ludivine leur cachent des choses, ils acceptèrent les secrets de Niji. Du moins pour l'instant. Et pas Zoro.
Nami ouvrit son journal en gémissant :
-On a tous des passés de malades...Un équipage de malades...Chais pas si on ira bien loin.
-Sha bi*, dit Niji en plissant les yeux. (*Quelle conne)
-Tu as dit quelque chose, Niji-chan, demanda Nami, tout sourire, n'ayant rien compris au dialecte chinois.
-Non, non, rien...
Quand elle repartit vers le milieu du pont, elle glissa à Zoro et Ludivine la vraie signification du mot qui ricanèrent en fixant la rousse.
Niji décida que d'entendre Ludivine rire faussement n'était pas agréable. Elle ferait tout pour que l'ex Capitaine redevienne heureuse. Elle se sentait plus proche d'elle que de Nami. Nami n'était pas vraiment faite pour être pirate. Elle n'avait jamais...tué. « Contrairement à Ludivine et...et à moi »pensa Niji. Elle chassa cette pensée en se rappelant qu'elle devait caché à jamais ce qu'il s'était passé avec les... ninjas.
C'était pour ça qu'elle avait menti et abrégé la fin de son histoire. Après son évasion du Kosui, il s'était passé beaucoup de chose. Mais cela mettrait en danger ses amis. Elle ne dirait rien.
Elle s'adossa au mat, et regarda l'océan. Calme, reposant. Mais la prochaine escale était Logue Town. Comment réagirait-elle en revoyant le Tomo ? Et l'endroit où Arty s'était fait exécuter ?
« Ne commence pas à flancher, Sha zi (*Idiote) ! Tant que ton arc ne pèse pas trop lourd sur tes épaules, continues d'avancer ! » Se recommanda t-elle.
Le regard perdu vers on ne sait pas quel cieux, Zoro l'observait. Ses cheveux fluides fouettaient l'air, autour de son visage blanc. Ses oreilles pointues étaient, elles, rougies par le vent, comme ses joues. Les pupilles violettes et blanches brillaient d'un éclat inconnu. Et rendit Zoro étrange. Etrange en lui-même.
« C'est bon. Faut pas que je me voile la face, après tout. Si le futur meilleur sabreur du monde commence à ne pas accepter ce qu'il ressent, chuis mal parti. Récapitulons. Je trouve que c'est la plus belle femme du monde, mais ce n'est pas QUE du désir –même s'il y en a beaucoup-. J'ai envie de la protéger, de la voir grandir, d'être tout le temps près d'elle, pouvoir...-Naaan, je le pense pas...Si...Bah Putain- être tendre avec elle.
...
Bon dieu...
Chuis amoureux ! »
Zoro ouvrit grand les yeux. Lui, amoureux ? Il n'aurait jamais pensé l'être un jour. Il n'avait eu besoin d'avoir de l'amour à recevoir et à donner. Mais là... Son corps entier réclamait Niji. Ses yeux réclamaient les regards de Niji. Sa bouche réclamait chaque parcelle de la peau blanche. Ses oreilles voulaient entendre sa voix claire. Ses mains voulaient la caresser. Son c½ur voulait sentir le sien battre aussi fort que lui.
Ses intestins se nouèrent, comme s'ils voulaient faire des scoubidous. Zoro rougit, tellement il se sentait bien, mais définitivement trop... étrange.
Puis, il revint à la réalité quand Niji tourna sa tête vers lui et lui sourit tendrement. Le sourire était si magnifique pour Zoro qu'il semblait illuminer d'une lumière divine tout le Going Merry. Comment une femme, un ange, comme elle voudrait d'un homme comme lui ? C'était ce que Zoro se demandait en sentant sa gorge se nouer pour la première fois depuis longtemps.
« Comment elle, elle pourrait m'aimer ? »
Avant de se gifler mentalement en décidant qu'il n'avait pas le temps pour cela et fit une série d'un milliers d'abdos pour se calmer...
« Et avoir un corps parfait si Niji le voit nu un jour...AAAAH ! A quoi je pense moi ??? »
*
Du journal de Nami glissa deux papiers colorés, ramassés par Luffy qui poussa une exclamation ravie.
Deux avis de recherches.
Les yeux de Niji s'agrandirent, puis elle se cacha la figure dans les mains, pour essayer de se calmer...Nan, ce n'était qu'un rêve, elle n'avait quand même pas...
Elle ouvrit les yeux.
Ah. Merde. Si.
« Monkey D Luffy – 30 millions de Berry. Capitaine de l'équipage des Mugiwaras »
« Niji – 99 millions de Berry. Surnommée L'archère Ninja,
Déserteur de Konoha »
-Déserteur de Konoha ? Kessako ?demanda Ludivine, mécontente de ne pas connaître ce groupe.
-Cherchez pas, vraiment, rigola nerveusement Niji. Putain, 99 millions. Ils ne m'ont pas ratés.
-Tu les vaux, remarqua Ussop. Heeey ! Chuis sur la photo aussi !
*
Logue Town. La ville où tout commence et tout fini.
« Pourquoi, Aniki ? »
« C'est la que le seigneur des pirates est mort...Et maintenant, ce sera notre ville, Ni-chan. »
Ludivine descendit directement du bateau et s'éloigna vers la ville d'un pas vif. Elle avait eu l'air, ces derniers jours encore plus triste qu'à l'ordinaire.
« Revenir ici, alors que ça avait été l'endroit où j'avais atterrit après mon naufrage... »

Niji soupira doucement... Pfuuu...Fallait vraiment être suicidaire pour vouloir revenir, vu les souvenirs qu'elle avait ici. -_-'. Sha zi, Niji, Sha zi.
Zoro fronça les sourcils et se glissa derrière Niji qui regardait la pancarte « Bienvenue à Logue Town ».
-T'es sûre que ça va aller ? T'es pas obligée d'y aller, tu sais.
Niji rougit de la proximité que leur corps avait prise. Son corps était comme un ressort à l'approche de Zoro. Il bondissait ou se ratatinait comme un vulgaire Bernard l'ermite dans sa coquille. Tout son être réagissait à l'homme qu'était Zoro. Musclé, viril, grognon, décidé, mentalement très fort. Affreusement déterminé, avec des yeux si intenses. Si...
« Tamade (*merde)...A quoi je pense moi ? Toute façon, il ne voudrait jamais de moi. Avec des femmes comme Ludivine et Nami sur le bateau... »
Et cette pensée blessait plus Niji que son passé entier. Un regard amical de Zoro suffisait à lui faire oublier tous les malheurs que lui avait fait subir Wakumono.
-Oui, oui. Je serais forte, Zoro ! Et...Faut que j'aille voir ce qu'est devenu mon bar.
-T'es sur que tu veux pas du soutien ? demanda t-il, en se reprochant la nuance d'espoir qu'elle dise oui dans sa voix.
-Ca devrait aller et de toute manière, tu dois aller chercher d'autre Katanas, non ?
Ils décidèrent après pourparlers (« Niji-Swaaaan ! N'y vas pas seule, je t'en prit !!!! » « Pour une fois, chuis d'accord avec le blondinet... » « C'est qui le blondinet, Marimo ? »), De se séparer pour vaquer tranquillement à leur occupations.
Mais Ussop décida d'accompagner Niji quand même. Ils marchèrent lentement dans la ville. Niji essayant de parler normalement à Ussop. Mais son c½ur avait peur de ce qu'elle allait voir. Et en effet, il ne fut pas déçu.
-...
Le souffle coupé, Niji regardait le Tomo.
La façade était défraîchie, les portes cassées, du lierre sauvage grimpant au mur.
Elle en fut presque malade. Son bar ? Dans cet état ? Qu'aurait dit Artemis ? Un goût amer envahit sa bouche, et elle s'adossa au mur, dégoûtée de ce que les années ont fait de son endroit chéri.
-C'est...Ton bar, Niji-chan ?questionna Ussop.
-Non. Ca, c'est seulement un bar à l'abandon. Ferme donc les yeux et imagine ce que je vais te décrire. Ca, ce sera mon bar, Ussop.
Le canonnier s'exécuta, et laissa partir son imagination au fil des paroles de l'adolescente, de sa voix cristalline aux accents chinois.
-Alors. La façade est rouge vive, avec une tête de mort souriante buvant du rhum. Les lettres en cuivres indiquent « Tomo ». Deux portes western battent au vent. Ce même vent t'apporte une délicieuse odeur de viandes grillées, et de fruits exotiques mixés. Tu n'entends pas, Ussop...Tu n'entends pas les hommes rigolant « Hé, p'tite Niji, tu nous joues un air ? » ou « Hey, Arty,ma commande, elle vient ?»
Ussop sourit. A la manière d'un vieil album photo, la scène se vivait en lui.
-Si ! J'entends, je sens, je vois ! C'est magique, Niji-chan. Ton bar est magnifique.
-Bien sûr qu'il l'est ! Bon, entrons. Je veux récupérer ce que j'ai laissé la dernière fois.
Elle entra. Les fenêtres étaient fermées, si bien que la salle était plongée dans un clair obscur poussiéreux. Elle sourit. Malgré la couche de moisissures, les tables cassées et renversées, et les toiles d'araignées s'étant nichée dans les coins, le Tomo restait le même.
Ce bar avait une si bonne réputation en ville que personne n'avait essayé de le piller.
Et ça lui mettait chaud au c½ur, chassant la nausée causée par l'aspect délabré.
-Tadaima, Aniki.
Ussop cacha sa bouche dans ses mains et murmura en changeant sa voix :
-Okairinasai, Niji...Oh ! Tu as vu, il t'a répondu ! C'est le fantôme de ton frère !
-Hahaha ! Bien joué, Ussop ! Tu as peur des fantômes ? Bouuuuh !
Elle fit apparaître un vent ninja qui s'engouffra dans les vêtements du jeune homme.
-Aaaah ! Baka, Niji, arrête, ça fait peur !!
-Gomen, Gomen !rigola t-elle.
Niji fit le tour du bar, s'imprégnant de ses souvenirs. Elle laissa Ussop faire le tri des affaires qu'ils pourraient emmener sur le Merry, et monta dans sa chambre.
Elle se laissa tomber sur son futon, soulevant un nuage de poussière. Observant avec tendresse et nostalgie les meubles, le plafond, les murs, elle laissa couler une seule petite larme.
Puis elle souleva une latte, sous le futon, et en saisit une liasse de billet, des vieux bijoux et des photos. C'était son endroit secret, où elle cachait tout, à l'époque. Et l'argent en rab du bar, au cas où.
Puis, elle se leva pour aller décrocher de l'armoire un magnifique Kimono protégé par une house transparente. En soie noire, avec des fleurs de feu craché par un phoenix dans le dos. Les ailes du phoenix entouraient sa taille, et les flammes s'enroulaient au niveau du genou. L'Obi était rouge avec des fils d'or. Elle rangea son butin dans son sac et redescendit, disant adieu à son ancienne chambre.
Elle entendit des voix dans la pièce principale. Elle descendit prestement pour tomber sur Ussop et Ludivine entrain de s'engueuler.
-Mais si je te dis que t'as l'air encore plus triste qu'à l'ordinaire !
-Et bien, même si c'était le cas, c'est PAS TES AFFAIRES, PINNOCCHIO !
Niji observa sa compagne de chambre favorite. Déjà qu'à l'ordinaire, un voile était toujours posé sur son regard bleu, là, c'en était insupportable.
Niji eut le déclic. Elle réfléchit à une façon de dire la chose.
Façon de communiquer entre Niji et Ludivine : Ne pas en dire trop, mais le plus important, blessant ou pas, le sera !
-En faite, t'es déjà venu à Logue Town, Ludivine, hein ? Après le naufrage de ton navire. Tu t'asseyais dans un coin de cette pièce sans parler, seule, et tu buvais jusqu'à être saoule. J'avais à peine dix ans, mais j'étais triste pour toi.
Ludivine grimaça, avec sa moue habituelle:
-Pas conne, la ninja. Ce n'est pas faux, ce que tu dis.
Niji voulut parler plus longuement à Ludivine, mais en regardant l'heure, elle s'exclama :
-Je voulais aller saluer un ami, qui a beaucoup manifesté lors de la mort d'Artemis. Vous pouvez continuer le reste sans moi ?
-Bien sûr.
-Va chier, je me casse aussi...
Niji sortit du bar. Elle ne jeta pas un regard en arrière. De toute manière, elle devra revenir dans quelques temps pour finir le rêve d'Artemis. Ce bar devait être remis en route.
Elle se dirigea vers la boutique d'arme d'Ippon-Mastu. A travers la vitrine, elle vit la cause de ses insomnies nocturnes. Son c½ur bondit.
Un corps musclé, un tee shirt blanc moulant, un hama kiri vert, un pantalon noir. Les cheveux courts, hérissés, avec des mèches fluides sur le front. D'une couleur qui lui valait le surnom de Marimo.
Des sourcils encore plus arqués que ceux de Ludivine, des yeux fins, intenses, d'un vert émeraude. Roronoa Zoro.
...
Avec une...Femme ???
Niji ouvrit ses yeux bridés au maximum. Qui osait approcher SON Zo...
Elle allait dire « Son » ?
Putain, qu'est ce qu'il lui arrivait ?
La femme se rapprocha, et le c½ur de Niji sembla se compresser. C'était la première fois qu'elle ressentait ça avec une telle force. Une jalousie impossible à exprimer.
Elle poussa la porte de la boutique et resta sur le seuil. Ippon-Mastu réagit de suite :
-Ah !!!Petite Niji !!!Tu as bien grandit !!! ça faisait si longtemps !! Comment vas-tu ? Qu'à tu fait, que...
-Hahaha ! Je vais bien, M'sieur Ippon-Mastu. Vous conseilliez mon ami ?demanda t-elle en montrant Zoro.
-Ah ! Vous vous connaissez ? Oui, je lui ai offert deux sabres, et cette jeune escrimeuse l'a conseillé.
Niji lança un regard froid à Tashigi et se retourna vers Zoro :
-Tu as fini, on y va ?
Tashigi remarqua :
-hé ! Je n'ai pas fini ! J'ai d'autre chose à lui dire et...
-Moi, je te dis que tu as fini, grogna la ninja.
Zoro regardait la scène sans comprendre, en marmonnant les paroles très intelligentes de « Groumph ? »
Niji savait qu'elle avait des défauts. Elle était possessive, et jalouse. Elle avait une fierté mal placée, elle était têtue et tête brûlée. Et elle décida que c'était le moment de laisser sortir pleinement tous ces traits de caractères.
Et là, sa colère était palpable dans l'air.
-T'es qui pour me donner des ordres comme ça ?s'écria Tashigi. Et s'il préfère m'écouter, hein ?
-Ta gueule, pétasse.
Elle venait d'attraper à deux mains la main libre de Zoro et tirait dessus, sans pouvoir le faire bouger, vu sa force. Les mains blanches et douces comme une peau de pêche contre celle matte et rugueuse de Zoro. Elle baissa la tête et murmura :
-Je t'en pris, Zoro...Je t'en pris...
Zoro tiqua. La voix était suppliante, pleine de doute. Avait-elle peur que Zoro préfère l'escrimeuse aux cheveux bleus nuit à elle ?
Il releva la tête de Niji de son autre main, pour voir qu'elle était au bord des larmes.
Niji, elle, ne savait plus ce qu'elle faisait. Zoro avait le droit de parler à d'autre femmes, non ? Il avait même le droit de toucher, d'aimer quelqu'un. Mais pourquoi...Pourquoi ça faisait si mal ?
Elle se jeta à son cou, étouffant un sanglot pour ensuite se demander immédiatement « Oh, bordel, je fais quoi là ??? » mais à son grand étonnement, Zoro la jeta sur son épaule comme un sac, regardant droit devant lui, en essayant d'obliger une partie de son corps à ne pas réagir à tant de proximité avec la ninja.
Il marcha quelque temps pour se stopper, et poser Niji par terre, qui refusa de se décoller de son torse.
-Oï, Niji ?demanda t-il le plus doucement possible. Tu...Il y a quelque chose qui ne va pas ? Tu n'aimais pas cette femme, tu...
-Je...Nnnh...Fais peur...
-Elle te fait peur ?
-Bien sûr que nan, Baka ! Je...
Elle se mordit les lèvres.
-Mon...beau-père...C'était si...J'ai eu si mal...Je pensais jamais éprouver...Eprouver...Et là....J'ai peur...
Zoro, vif, compris tout de suite.
Elle avait eu si mal, si peur avec son beau père, l'ayant violée, qu'elle pensait ne jamais tomber...amoureuse ?
Il hoqueta.
-Tu m'aimes ?demanda t-il, abasourdi, de but en blanc, bien avant de penser « Nan, impossible... »
Elle voulut partir et courir, de honte, mais Zoro la retint. Impulsif. Il a toujours été impulsif.
Il la souleva avec passion jusqu'à sa hauteur, et colla ses lèvres à celle de Niji, sans approfondir le baiser, au début. C'était un effleurement.
Mais si agréable, si magique, si chaud.
C'était comme le premier baiser de Niji. Wakumono avait parfois écrasé ses lèvres sur celle de Niji, et Itachi l'avait embrassé une fois par surprise, lors de la guerre.
Mais là. C'était son corps entier qui en demandait plus. Elle passa ses bras blanc autour du cou bronzé de Zoro, qui passa une main sur les hanches de la jeune fille, et une main dans sa nuque.
Le baiser s'approfondit d'un coup. Les langues se rencontrèrent, et tournoyèrent jusqu'à ce que Niji éprouve une sensation d'enivrement proche de l'extase.
Elle ne pouvait que serrer plus fort Zoro, qu'espérait plus. Toujours plus. Pour toujours.
Quand ils se séparèrent, Niji était rouge et haletante. Et Zoro avait lui aussi une belle couleur soutenue.
Il voulut s'expliquer, mais on entendit au loin des voix connues. Les deux se séparèrent à la vitesse de l'éclair, tels deux gamins prit sur le fait d'un vol de bonbons, et les nakamas sans le capitaine, arrivèrent en courant, catastrophé. Zoro héla Ludivine :
-Oï, NightWish ! Où est Luffy ?
Comme à son habitude, Ludivine répondit, sans émotion :
-Oh, Baggy veut juste l'exécuter sur l'échafaud de Gol D. Roger, Marimo.
Quelque chose se brisa en Niji. Une peur incontrôlable. Elle prononça, tremblante :
-Déjà Aniki...Pas Luffy ! PLUS PERSONNE !!!
Elle se mit à courir vers la place, plus vite à chaque pas. Aucun des nakamas ne s'étaient habitué à la vitesse hors du commun de Niji.
Les larmes lui brouillaient la vue. Mais elle continua de courir. Elle ne serait pas assez courageuse pour affronter un autre mort.
*
-Smoker-san !s'exclama Niji.
-Niji...Je pensais qu'après ce que Spandam avait fait subir à Artemis, tu ne reviendrais pas ici...
-J'avais des choses à y régler.
-J'ai vu ça. Tu es pirate maintenant... Tu as bien mal tourné, Niji.
-Votre gueule...
Niji était de fort mauvaise humeur maintenant. Bon, merci dieu, Luffy était sauvé, mais l'escrimeuse aux cheveux bleus était de nouveau dans le coin, se battant près de Zoro. Elle la fusilla du regard et espéra que ses yeux deviennent des revolvers.
-Oh. Et NightWish... Une célébrité de nouveau à Logue Town. Alors, Sparrow, on..
-Norrington, la coupa Ludivine.
-Plus maintenant, remarqua Smoker. Tu n'es plus sous amnistie de la Compagnie des Indes, et on t'a officiellement divorcée de feu le Commodore James Norrington. Paix à son âme.
La figure de Ludivine se décomposa. Niji vit bien qu'elle voulait hurler, mais rien ne sortait. Les mots restaient coincés. Et la si forte NightWish s'évanouit en scellant ses lèvres, pour un bon moment.
Sanji mit la pirate sur ces épaules, Zoro attrapa la main de Niji, et ils coururent tous vers la Caravelle. En jetant un regard en arrière, Niji vit un homme étrange, à la figure tatouée. Il lui semblait familier tout en ne l'étant pas.
Bien vite, cet homme dont on apprendra le vrai nom, Monkey D. Dragon que plus tard, sortit de son esprit.
Arrivé à la Caravelle, Ludivine fut mise au lit. Dans son sommeil, elle implorait le nom d'un certain James et pleurait des larmes brûlantes.
Si quelque chose avait commencé pour Niji ce jour là, quelque chose s'était définitivement éteint pour Ludivine.

# Posté le mercredi 15 octobre 2008 07:40

[ Chapitre 13 --> Retour Au Source. Le Passé de Ludivine ]

[ Chapitre 13 --> Retour Au Source. Le Passé de Ludivine ]
Ludivine ouvrit les yeux brusquement. Elle l'avait encore vu...Elle avait encore vu James dans ses rêves.
Elle se redressa et appuya son dos contre le mur froid.
-Divorcée, elle murmura.
Il fallait vraiment que ce soit elle pour qu'il fasse divorcer un mort. Il fallait vraiment que Beckett la déteste à ce point.
Pourquoi dois t-elle encore plus souffrir ? Elle n'en avait déjà pas assez eu avec sa mort ?
Tout cela n'avait servi à rien. Quitter les Caraïbes, s'éloigner de la dernière personne qui lui restait après James. Atterrir ici, pour se rappeler qu'une autre vie pouvait exister. Ca n'avait donc servi à rien ? La douleur de la perte était encore là... Toujours là, toujours présente.
Elle ne voulait pas pleurer. Elle ne voulait pas en parler. Mais elle se rendit à l'évidence, l'équipage la bombarderait de questions. C'était la dernière chose qu'elle souhaitait. En parler.
Comme d'un accord, elle sortit d'un pas décidé sur le pont, laissant tout de même couler une seule et unique larme et décida de sceller ses lèvres jusqu'à nouvel ordre.

[1512]

-Vous ! No...Norrington !
Elle se sentit très blasée, puis en colère. C'était bien sa veine ! Quelqu'un qui connaissait son passé de pirate et qui était son employeur ! Elle était décidément maudite.
-Putain ...grommela t-elle, s'appuyant contre le bureau.
-Toujours aussi vulgaire, Miss NightWish.
-Bien désolée de vous décevoir, vous pensez bien.
-Vous vous êtes donc reconvertie, à ce que je vois. L'attrait du risque et du hors la loi est passé ? Vous préférez servir le thé ?
Ludivine le regarda sans comprendre. Il se foutait d'elle ? Ou faisait juste la discute ?
-J'ai pourtant bien cru les rumeurs de votre mort. Vous êtes donc arrivé jusqu'à Grand Line ? Il faudra me raconter ça... Cela doit être si différent d'ici...
-Pardon ?
Elle le fixait, abasourdi. Il répondit sans écouter la question de la jeune fille.
-Vous êtes ma nouvelle domestique ? Ils engagent vraiment n'importe qui.
La dernière phrase avait été prononcée en souriant.
-Vous ne me dénoncez pas ? Vous savez « Qu'on la mette au fer ! Elle a rendez vous avez la potence demain matin ! » ?
-Je n'en vois pas l'utilité. Il pourrait être intéressant de voir évoluer un Seigneur Pirate dans un univers clos et strict.
Il fouilla dans un tiroir et montra un papier.
-Vous voyez, le règlement des domestiques de la maison.
-Je ne sais pas lire, lança t-elle dans une grimace.
-Ah...
Etait-ce du dédain dans sa voix ?
-Et oui. En plus, d'être reprise de justice je suis inculte. Foutez moi au fer je m'y sentirais à ma place.
-Mmh, non. Mais vous pouvez disposer, Miss.
Elle le regarda encore une fois, les bras ballants. Elle s'en sortait comme ça ? En bon pirate, elle choisit l'échappatoire.
-Merci... Commodore.
Elle se retira, et se précipita jusqu'à sa chambre, où elle ouvrit les placards où elle avait déjà mis ces maigres possessions qu'elle fourra dans son sac, prit ses armes sur le dos et s'enfuit en courant dans les jardins. Arrivée en face de la fenêtre de la chambre du Commodore, elle s'arrêta et leva les yeux. Elle crut voir son ombre bouger à la lueur d'une bougie. C'est vrai que le ciel commençait à s'obscurcir. Elle baissa les yeux et prit dans sa main son pistolet qu'elle avait glissé dans sa jupe. Combien de fois avait-elle tué des gens que le Commodore connaissait avec cet objet ? Combien de fois avait-elle failli le tuer lui-même ?
Elle regarda encore une fois la fenêtre, puis s'en savoir ce qu'il se passait dans son c½ur et son esprit, elle rangea l'arme et rentra dans le manoir, pour s'affaler sur son lit et penser au regard vert du Commodore.


James Norrington se leva tard le lendemain, résultat d'une mauvaise nuit à penser à cette sanguinaire pirate. Il sortit de ses couettes, attrapa sa perruque et se glissa dans le couloir pour aller à sa salle de bain personnelle. Sur le chemin il croisa une domestique rousse parlant à l'objet de ses pensées. Il eut tout le loisir d'enfin la détailler. Elle devait avoir maintenant seize ou dix sept ans. De très petite taille, peut être un mètre quarante cinq. Elle avait une peau matte et une chevelure noire de jais, longue, lui tombant dans les reins. Tout cela dénotait avec des yeux d'un bleu clair presque insupportable à regarder.
Il la fixa un long moment, jusqu'à ce quelle le vit aussi. L'autre domestique partit en direction des cuisines, prévenant que le Commodore était debout, et Ludivine resta inerte devant lui, le fusillant du regard. Le Commodore haussa juste les épaules sous temps de mécontentement alors que Ludivine cachait juste sa surprise de voir son ennemi sans perruque. Il avait les cheveux mis longs, bruns et légèrement ondulés.
Et ça lui donnait un air...Humain.
-Il est d'habitude de dire bonjour à ses supérieurs.
-Pourquoi n'êtes vous pas surprit que je sois encore là ?demanda t-elle directement.
-Je vous ai vu commencé à partir, puis faire demi tour. J'étais sûr que vous feriez ça.
-Comment pouviez vous être sûr que je reviendrais ?
-Parce qu'à sinon, je serais venu vous chercher.
Ludivine grogna. Elle était donc belle et bien prisonnière.
-Vous savez, je ne vous veux plus de mal, dit-il doucement, surprenant la pirate. Vous pouvez vous détendre ici.
Elle détourna son regard doucement jusqu'au lustre du plafond puis, se rendit compte qu'elle avait bien besoin d'un peu de cette détente, murmura :
-Merci.
-Nous serons quitte si vous me faite couler mon bain.
Elle fixa de nouveau son regard bleu vers lui et soupira en s'éloignant vers la salle de bain :
-Vous allez profiter de la situation pour voir un pirate à vos ordres !
-Exactement. Vous viendrez aussi dans mon bureau à 17h ce soir.


**17h10**

Ludivine coura dans les interminables couloirs. Merde. En retard. Ayant eu quelques minutes de libres, elle était partie s'entraîner au Jô dans le jardin, et l'heure avait passé si vite...
Elle frappa à la porte, et Norrington vint ouvrir lui même.
-Désolée, j'étais...
-Entrain de vous entraîner avec votre bâton, je vous vois de ma fenêtre.
Ludivine fronça les sourcils, faussement indignée :
-Ce n'est pas un bâton ! C'est un Jô !
-Peu m'importe...Répétez après moi, A, B, C, D ...
-Pardon ?
-Vous me disiez que vous n'aviez pas apprit à lire et écrire ?
-Euh en effet mais...
-Bon, commençons... Asseyez vous, je vais commencer par les bases.
-Mais, Commodore !
-Oui, miss ?
-A quoi cela va vous servir de m'apprendre ça ?
-Je n'aime pas que mes domestiques soient des incultes.
-Demandez à quelqu'un d'autre !
-Ca me fait plaisir. Et je crois que vous n'avez pas le choix, Miss. Répétez.
Et s'en comprendre pourquoi, elle s'exécuta sans discuter plus.
*
Ludivine s'était juré de ne rester à Port royal que six mois. Voilà un an qu'elle jouait à la domestique chez Norrington. Une complicité timide et distante s'était confortablement installée entre elle et le Commodore. Il lui avait apprit l'écriture et la lecture, au damne de grand effort. Elle s'en était voulue, au début, qu'il prenne de son temps si précieux pour l'instruire. Elle redoubla ses efforts de domestiques, et devint sa domestique attitrée et personnelle. Le Commodore s'intéressa de près au maniement du Jô. Et Ludivine à celui de l'épée. Ils avaient donc commencé à s'apprendre mutuellement. Ludivine lui fabriqua un Jô, lui apprit les règles, les bases puis ses propres attaques, les angles les plus simples à atteindre, ect... Le Commodore devint vite excellent. Après, il donna sa vieille épée, une arme magnifique, d'un blanc éclatant, avec des zébrures rouges. Elle avait été creusé dans de l'ambre et du saphir. Le fourreau était d'un noir de jais, s'accordant fort bien à ses cheveux. Son nom ? Za'jwk. Ludivine la refusa, puis, sous les ordres du Commodore, elle prit délicatement dans les mains, et s'en servit lors de ses entraînements avec Norrington. Il apprit le jeu de jambe officiel, celui que les pirates utilisaient, celui que les marins utilisaient, les coups bas, franc, direct. Elle devint excellente.
Leurs pseudos combats se faisaient en secret dans les sous bois du parc. Les deux faisaient attention de ne pas blesser l'autre, et, quand ils repartaient, luisant de sueur, ils étaient souriants et heureux. Ludivine aurait voulu que ça ne s'arrête jamais, ne comprenant toujours pas pourquoi elle avait besoin de sa présence, besoin de le voir, de l'entendre parler.
Elle ne comprenait pas, non plus, qu'il semble aussi avoir besoin qu'elle de cette entente entre eux.
Souvent, quand elle en avait le temps, elle allait boire dans les fêtes populaires de village, en rigolant d'elle-même, et se demandant ce que Néfer dirait d'elle s'il la voyait.
Et dans cette vie, pleine de règles, sans risques et avec son sentiment étrange grandissant en elle, l'alcool était la dernière chose qui lui rappeler qu'elle avait été pirate.

---



Niji $)

# Posté le samedi 08 novembre 2008 09:49

[ Chapitre 14 -> J'ai été Pirate !! ]

[ Chapitre 14 -> J'ai été Pirate !! ]


"J'ai été pirate. J'ai été pirate. J'ai été la plus grande menace des Caraïbes... Je suis Seigneur Pirate..."
Ludivine était obligée de se répéter cela des centaines de fois, chaque jour, pour ne pas effacer complètement son vrai caractère...S'effacer elle même, en quelques sortes...
Elle n'en pouvait plus. Tout ces hommes lui proposant des choses, avec qui elle pourrait repartir, acheter un bateau, se saouler plus que de besoin... Pourquoi se sentait-elle attacher à Port Royal ? A James Norrington?
Elle se foutait bien de son problème de boissons qu'elle augmentait de jour en jour, ses sentiments grandissant envers le Commodore.
Et le pire, c'est que, ce qui lui faisait peur, ce n'était pas que le Commodore ne puisse pas l'aimer...
Mais le contraire.

----

Le Commodore était resté calme un an. Un an qu'il était devenu Commodore le jour où Jack Sparrow avait créer la panique à Port Royal et qu'il avait du renoncer à un mariage parfait socialement parlant avec la fille du Gouverneur.
Il savait pertinemment qu'il aurait du partir à la rechercher de Sparrow le jour d'après. Mais justement le jour d'après, une jeune femme, au courant d'aucune de ces entourloupes, ne cherchant qu'un endroit pour se cacher réapparut devant lui. Il avait tant voulu la mettre au fer, encore plus que Sparrow lui même. Mais en apprenant sa mort, il n'avait pas réussi à se réjouir. Si jeune, si fougueuse...
La revoir dans une tenue de domestique lui avait fait déchirer les cartes qu'il créait pour essayer de rejoindre Sparrow.
Et depuis un an, il inventait chaque jour des excuses. Mieux entraîner ses hommes, pas assez d'informations, le temps, les comptes.
Il restait près d'elle.
Ne sachant pas pourquoi. Tout les différencier. Elle était une Pirate, que diable. Vulgaire, téméraire, ne respectant aucune loi. Il était un Officier. Il se devait d'être gentleman, calme et raisonné.
Alors pourquoi ?
Et comme à chaque fois, il en conclut la même chose. Tout simplement parce qu'elle était ce qu'il aurait voulu être.
Libre.
Le jour où il la vit revenir d'une fête de village, droite et silencieuse, alors que d'autres domestiques avançait gaiement devant elle, parlant et rigolant, il comprit ce qu'elle attendait. Elle l'attendait lui, non?
Elle n'était pas heureuse avec les autres domestiques. Trop normaux, trop tempérés. Elle regrettait à coup sûr son navire et ses hommes.
Sa Liberté.
Et il voudrait vouloir tout simplement la libérer. Pouvoir lui dire de partir.
La réalité était tout autre.
Mais il décida d'agir en gentleman. Au moins, cela libérerait sa conscience amoureuse.

----

Ludivine jeta un coup d'oeil par dessus une haie du jardin. Il y avait une agitation folle au Port. Des soldats, des officiers, des chevaux, des canons s'embarquaient sur plusieurs navires. Une petite Armada. Le peuple était regroupé autour, et des adieux larmoyants se déroulaient tout autour de la ville basse.
Elle fronça les sourcils et essaye de distinguer ce qu'était écrit sur les voiles. De quel pays venait ces navires.
Et elle ne put avoir qu'un choc en voyant que c'était tout simplement la Compagnie Des Indes et La Marine Royale qui se préparait à partir.
Furieuse elle courut jusqu'au manoir et ouvrit à la volée la porte du Commodore. Debout, un papier à la main, il avait près de lui des malles remplies.
Il leva des yeux qu'il voulait surprit vers elle et demanda doucement:
-Voulez vous quelque chose, Miss?
-Vous partez, triple imbécile ?
Il tiqua à l'insulte. Elle avait toujours fait des efforts pour ne pas l'insulter lui.
-Je...
-Oui, bien sûr, vous allez poursuivre Sparrow, je m'en doute ! Mais bordel, pourquoi maintenant? Vous auriez du le faire depuis un an !!!
-Il faut bien un moment pour partir.
Il détourna le regard et reprit la lecture de son papier, jusqu'à ce que Ludivine le lui arracha des mains.
-Je vous suivrais.
-Pas question !répondit trop vite James Norrington. Les mers sont trop dangereuses.
-J'en ai vu d'autre.
-Restez !
-Si vous revenez vite.
Le Commodore baissa les yeux vers elle. Toute la situation lui était contrôlée. Elle venait de comprendre qu'elle n'avait qu'un mot à dire, et qu'il obéirait. Sa dépendance le blesser légèrement dans sa fierté, mais le rassurait. Avec une femme comme cela, il ne pourrait que réussir.
-J'en aurais peut être pour un an.
-Dans trois mois je vous rejoint.
-Six.
-Quatre. Et je n'irais pas plus loin.
Il se contenta de sourire. Un sourire plutôt triste.
-Vous ne voudriez pas plutôt profiter de mon absence pour partir? Reformer un équipage?
-C'est ce que vous voulez, Commodore? Demanda t-elle en croisant les bras.
-Seulement si j'ai un jour l'occasion de vous attraper.
-Je suis la plus grande menace des Caraïbes, vous ne pourrez pas m'attraper.
-Alors, restez ici.
-Seulement, encore une fois, si j'en ai une compensation.
James lui prit la main, et y déposa un baiser, puis murmura, respectueusement, sur le ton d'un adieu:
-Ludivine...
Elle eu une moue extrêmement blasée avant de casser la situation en lui sautant sauvagement dessus pour l'embrasser à perdre haleine.
Certes le romantisme n'avait plus lieu d'être, mais James Norrington n'eut grand jamais besoin de se plaindre de cet initiative.

----

-J'ai un mendat d'arret pour Mr Tuner, Mrs Swan et Mr Norrington.
Ludivine, qui assistait à lé cérémonie de mariage en tant que servante, s'avança:
-Que voulez vous au Commodore ?
Le Gouverneur fronça les sourcils a la vue de la domestique trop téméraire mais prit sa défense en précisant:
-James Norrington a démissionné de ces fonctions. Et il reste introuvable après une tempête qui a détruit son Armada lors de sa recherche de Jack Sparrow.
Lord Beckett sourit.
-Alors, sa peine est déjà rempli.
Ludivine bouscula Beckett, se qui le fit chanceler et se planta devant le gouverneur.
-Norrington a démissionné ? Vous pouviez pas le dire plus tôt ?
-Présentez moi vos excuses, Miss, grommela Beckett. Vous êtes d'une insolence inouïe. Et vous me rappellez fortement quelqu'un. Montrer moi votre visage.
-Jamais, vieux schnoque, cracha Ludivine, qui commença à courir chez elle chercher ses affaires. Elle se retourna et hurla : Le Capitaine NightWish ne s'excuse pas.
Le Lord jura et ordonna à ces hommes de l'arrêter. Elle fut trop rapide, cinq minutes après l'incident, elle avait volé un petit bateau et voguait sur la mer agitée.
-Où le retrouver ce crétin? Je sais ! Commençons par Jack Sparrow. C'est lui qu'il cherchait ! Je crois me souvenir qu'il est souvent à Tortuga.
Elle fit donc cap sur le dernier port pirate des Caraïbes. Tortuga.
*
-And a bottle of rhum...
Maître Gibbs marchait, titubant, dans les rues de tortuga. Mi-ivre, Mi-lucide. Il avait apprit à contrôler l'alcool, c'était nécessaire sur un navire comme le Pearl. Mais là, il se sentait quand même un peu... branlant. Soudain, un vent froid lui glaca les os. Une silhouette venait d'arriver dans la rue bondée. Le bordel causé par les pirates s'arrêta, regardant la nouvelle venue. On entendit murmurer :
-c'est Ludivine Night Wish.
-Elle n'est pas morte ?
-Faut que j'arrive à être prit dans son équipage.
-t'es sûre qu'elle vient en reformer un ?
Gibbs observa la jeune femme de dix huit ans, habillée aussi marginalement que son propre capitaine, une épée et un jô dans le dos, des poignards et tentôs à la ceinture, ainsi que deux ou trois pistolets. Elle s'arrêta devant lui, et demanda :
-Joshamee Gibbs ?Sous les ordres de Jack Sparrow ?
-O...Oui...
-Amène moi à lui. Et file moi de ton rhum, pendant qu'on y est.
Elle attrapa la bouteille et sentit le liquide chaud lui réchauffer l'estomac.
-Alors ?
-Heuu... Vous allez pas essayer de le tuer dès que vous l'aurez aperçu?
-Ca dépendra de ce qu'il me répond.
-Alors, c'est bon. Suivez moi.
Elle le suivit dans les rues sinueuses, tuant du regard les hommes aux regards trop pervers. Elle arriva enfin devant le Black Pearl.
Ludivine y monta, derrière Gibbs. Elle se trouva directement nez à nez avec Jack Sparrow.
-Mais ! Je t'ai déjà vu ! s'exclama Ludivine. Je me souviens, t'es le mec du bar, il y a quelques années !
-Oh. Ludivine. Ravie de te revoir, ma chère. Que puis je pour toi ?demanda Jack, avec une ironique courbette.
-Des informations. En tant que seigneurs de la Confrérie, donne moi des informations sur le navire de la marine qui a sombré pendant qu'il te poursuivait.
-Ah. Celui du Commodore. Noyé. Sombré. Doit y avoir quelques survivants. Dont Norrington, d'ailleurs. A mon avis, il va bientôt revenir me rendre visite pour se venger. Increvable, ces anglais.
Ludivine sourit.
-Dans ce cas, je reste. J'ai des...hum, comptes à régler avec lui. Je le trouverais plus vite si je reste ici. Enfin, sur le navire quoi.
-Non ! une femme, sur un bateau, ça porte malheur, Jack !s'écria Gibbs.
-Mais non. Enfin ! Ma fille sur le bateau ne peut qu'être une bonne chose.
*Un Ange Passe*
-Quoi ?
-Ah, désolée, je voulais dire que le capitaine Nightwish était réputée pour sa force et...
-Non !murmura Ludivine. La partie sur ta « fille ».
-Ah ! Je vois que Tia ty ne t'a pas parlé de moi. Tu es la fille de Tia-ty ?
-oui.
-Qu'elle n'a pas eu avec son mari ?
-Oui
-Et qui a pour père un homme qui la reconnaît comme sa descendante ?
-Oui.
-Alors, c'est moi. Mais on va pas s'attarder la dessus. Allez, on lève l'ancre. Vous connaissez la rengaine.
-QUOI ?
Ludivine se jeta sur Jack pour l'empêcher de partir s'enfermer dans sa cabine.
-Je suis ta fille ?Je m'appelle Ludivine Sparrow ?
-Mmh, oui.
-Oh... James va pas être content, se murmura t-elle.
Puis elle sourit en fronçant les sourcils.
-Ce qui me lève au rang de vice capitaine, selon le code.
-Damned
*
Dans la soirée, un membre de l'équipage s'apprétait à tatouer le bas du dos de Ludivine. Jack grimaçait à ses côtés :
-T'es sur de vouloir faire ça ?
-Je ne fais jamais les choses à moitié, allez, dis à ton copain de me faire le même tatouage que celui que tu as au dessus de ton « P ».
-A peine retrouvé, tu te grimes comme moi et mon père. T'es vraiment une Sparrow.


Niji
$)

# Posté le dimanche 23 novembre 2008 13:21

Modifié le lundi 24 novembre 2008 10:38